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apic/Burundi/Armes chinoises/Accusations

Burundi: Livraison d’armes chinoises à l’ex-dictateur Bagaza (110595)

Graves accusations lancées contre un religieux dominicain

Bruxelles, 11mai(APIC/CIP) Le parti de l’ancien dictateur burundais JeanBaptiste Bagaza serait sur le point de recevoir une nouvelle livraison

d’armes en provenance de la Chine pour mener des attentats contre un certain nombre de personnalités hutues, affirme l’organisation «Droits de

l’Homme sans Frontières», à Bruxelles. L’évêque de Bujumbura, Mgr Simon

Ntamwana, Jean Minani, président du parti Frodebu actuellement au pouvoir,

et Adrien Sibomana, Premier ministre de l’ancien président Pierre Buyoya,

figureraient sur une liste noire, s’inqiète cette organisation.

Selon un représentant de la Ligue burundaise des droits de l’homme ITEKA, la SOJEDEM (Société de Jeunes pour la Défense des Minorités), qui est

considérée comme la branche armée du Parena (Parti pour le Redressement National de l’ex-dictateur tutsi Bagaza), a reçu comme mission d’assassiner

des personnalités hutues dans le but de déstabiliser le pays, affirme

«Droits de l’Homme sans Frontières». La SOJEDEM «est dirigée par le Frère

dominicain Déo Niyonzima, professeur du Collège du St-Esprit à Bujumbura,

qui n’a curieusement jamais été rappelé à l’ordre par ses supérieurs pour

ses activités politiques», précise l’organisation.

«Droits de l’Homme sans Frontières» cite «une source digne de foi» selon

laquelle trois membres de la milice tutsie des «Sans Echecs», au sein de

laquelle le colonel Stanislas Mandi «est souvent cité comme le responsable

de l’encadrement», ont été chargés d’abattre Jean Minani et auraient reçu à

cet effet des révolvers munis de silencieux.

«Droits de l’Homme sans Frontières» affirme que Bagaza a prévu d’envoyer

ce jeudi 11 mai «sept de ses fidèles lieutenants, dont six sont d’anciens

militaires, à Dar-Es-Salaam, en Tanzanie pour surveiller le déchargement

d’armes et de munitions en provenance de Chine et pour assurer leur transport vers le Burundi». Des sources confidentielles révèlent qu’un membre de

l’ambassade chinoise à Bujumbura servirait de contact à l’ancien dictateur

et aurait même participé à des réunions du PARENA. Par ailleurs, soutient

«Droits de l’Homme sans frontières», sept éléments du PARENA auraient été

récemment envoyés en Libye pour y suivre une formation de tireurs d’élite.

Toujours selon cette organisation internationale, «le regain d’activité

des milices de l’ancien dictateur Bagaza et les livraisons d’armes chinoises expliquent sans doute la vague d’attentats aveugles que le Burundi a

connue ces derniers jours»: le 4 mai, un bus «Otraco» a été attaqué dans la

commune de Ruhororo (province de Ngozi) – Bilan: 19 morts; le 5 mai, des

«Sans Echecs» ont lancé une grenade au marché central de Bujumbura – bilan:

31 blessés, dont 6 grièvement; et, «chaque jour, la liste des actes de violence ne cesse de s’allonger». (apic/cip/pr)

11 mai 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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