dans les pays du Moyen-Orient arabe
Italie: colloque sur la situation des chrétiens
Rome, 10 mai 1995 (CIP)
«Après la guerre du Golfe, de nombreux chrétiens irakiens se sont sentis
suspectés» si bien que «150.000 membres de notre communauté ont choisi
l’exil devant les incertitudes du futur et la détérioration intolérable des
conditions de vie». C’est ce qúa expliqué le Père Joseph Habbi, prêtre
catholique du Patriarcat Chaldéen d’Irak, où vivent encore 500.000
chrétiens, à un colloque sur les communautés chrétiennes du Moyen-Orient
arabe organisé à Turin.
Ces chrétiens du Moyen-Orient, dont on estime le nombre entre 8 et 10
millions, vivent pour la plupart au Liban, en Syrie, en Palestine, en
Israël, en Egypte, en Jordanie et en Irak. Le colloque de Turin, organisé
par la Fondation Agnelli, a mis en évidence que l’émigration de ces
chrétiens vers des terres plus hospitalières est bien la question cruciale
à laquelle ils sont aujourd’hui confrontés, au point de menacer dans leur
survie des communautés dont l’origine remonte aux premiers temps du
christianisme.
Bien que les situations de ces chrétiens soient très variées selon les
pays, le colloque a concentré son attention sur la question des droits
civils accordés ou refusés aux communautés religieuses non musulmanes dans
les pays arabes. «Il est important de comprendre, explique Mauricio Pacini,
le directeur de la Fondation Agnelli, l’évolution des pays arabes et les
espaces qúils donneront aux minorités et au pluralisme. Il est tout aussi
important de mesurer la responsabilité de l’Europe dans l’actualisation des
droits civils et religieux dans ces pays.» A et égard, le cas irakien
semble particulièrement significatif. Selon le Père Habbi, il n’y a pas
officiellement de discrimination dans ce pays, – l’exemple de Tarek Haziz,
chrétiens chaldéen et ministre des Affaires Etrangères, est là pour le
rappeler -, mais «l’exaltation du Coran entraîne pour les chrétiens une
plus grande insécurité, car la loi coranique les considère comme des êtres
de seconde rang».
Le colloque a également relevé la montée de la pression islamique dans de
nombreux pays, comme l’Irak, certes, mais aussi l’Egypte et la Syrie, même
si dans ces pays, observe le P. Habbi, «les chrétiens jouent leur rôle pour
faire promouvoir les valeurs humaines, l’égalité, le pluralisme et la
liberté».
Le Père Habbi demande à l’Occident «un soutien moral», qui consiste d’abord
à «ne pas dépeindre l’Occident comme le paradis sur terre et nos pays comme
l’enfer». «Aidez-nous afin que nous puissions rester sur les terres sur
lesquelles nous sommes nés et ne permettez pas que ces nations aillent à la
dérive», a-t-il déclaré.




