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apic/Cameroun/Raiser
Cameroun: Le rôle de la Fédération protestante du pays doit être revu
Dernière étape d’un voyage de 12 jours du secrétaire général du COE
Yaoundé, 20juin(APIC) Le secrétaire général du Conseil oecuménique des
Eglises (COE), le pasteur Konrad Raiser et les représantants des Eglises
protestantes du Cameroun se sont mis d’accord pour redéfinir le rôle de la
Fédération des Eglises et missions évangéliques du Cameroun (FEMEC).
Le Cameroun était la dernière étape d’une tournée africaine de 12 jours,
qui a débuté en Gambie pour se poursuivre en Côte d’Ivoire et au Ghana.
Fruit de l’oecuménisme de l’époque des Sociétés des missions installées
en Afrique équatoriale dans les année 40, la FEMEC fut fondée à Douala à la
fin des années 60 dans le but de renforcer la solidarité entre les diverses
Eglises et missions, développer leurs activités et coordonner leurs efforts
au service de l’évangélisation et du service chrétien.
Le partage du pays en plusieurs champs missionnaires répartis entre les
Eglises et missions européennes a conféré aux Eglises, après l’autonomie,
une dimension et une forte emprise régionales. Il y a par exemple l’Eglise
presbytérienne camerounaise (EPC) solidement implantée au centre-sud;
l’Eglise évangélique luthérienne (EEL) au Nord; l’Eglise presbytérienne du
Cameroun (EPC) au Sud et au Nord-Ouest, etc.. Cette forme de balkanisation
géographique, qui confère des «fiefs» aux Eglises, tend à disparaître avec
l’extension des activités de chaque Eglise sur l’ensemble du pays. Mais la
multitude des partis politiques à configuration régionale ou ethnique, nés
avec l’avènement de la démocratie, exercent une certaine influence sur le
témoignage des Eglises.
Bien qu’autonomes, la plupart des Eglises protestantes du Cameroun maintiennent des liens très étroits avec leurs «Eglises-mères» de l’Occident
qui leur accordent des subventions grâce auxquelles des oeuvres sociales
sont menées surtout dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la
communication.
Dans ce pays riche en ressources naturelles et humaines, la population
doit aujourd’hui faire face à de gros problèmes. Le processus démocratique
est quant à lui bloqué. L’Eglise pour sa part paie également un lourd tribut. Huit prêtres catholiques ont été assassinés en trois ans. La dernière
victime est le père Engelbert Mveng, assassiné le 2 mai dernier.
Les Eglises en général et particulièrement celles de la FEMEC ne parviennent plus à constituer un front uni pour parler d’une même voix et établir un dialogue social avec le pouvoir en place.
Avant son séjour au Cameroun, le pasteur Raiser avait rencontré en Côte
d’Ivoire des jeunes chrétiens et musulmans. (apic/eni/pr)




