SEPTEMBRE ENI-95-0153çF
SEPARATION DE L’EGLISE ET DE L’ETAT A ZURICH: UN REFERENDUM EST PREVU LE 24
Zurich, le 13 juin (ENIçKlaus Rieth) – Certains groupes conservateurs ont
commencé à réunir des fonds en vue de faire campagne pour la séparation de
l’Eglise et de l’Etat dans le canton suisse de Zurich lors d’un référendum
prévu le 24 septembre.
Ce référendum a été décidé à l’issue d’une campagne menée par des groupes
de droite, irrités par la position de l’Eglise protestante de Zurich sur
certaines questions politiques controversées.
Les autorités ecclésiastiques craignent que les électeurs ne voient en ce
référendum l’occasion d’exprimer les expériences négatives qúils auraient
pu avoir avec l’Eglise.
La constitution fédérale de la Suisse donne à ses 23 cantons des pouvoirs
considérables en matière de législation et sa tradition de démocratie
directe donne aux citoyens le mot final en ce qui concerne certaines
décisions politiques.
Les grandes Eglises protestantes sont organisées au niveau cantonal mais
unies au sein de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse
(FEPS).
Pour Ruedi Reich, président du Conseil de l’Eglise de Zurich, l’Eglise et
l’Etat sont déjà séparées dans ce canton.
Toutefois, les autorités de l’Eglise et de l’Etat coopèrent étroitement
pour la perception des contributions ecclésiastiques, et le paiement des
salaires des pasteurs.
L’Eglise bénéficie aussi de fonds cantonaux qúelle rec,oit à titre de
compensation pour la confiscation des biens d’Eglises au siècle dernier.
Les autorités de l’Etat de Zurich s’opposent à la proposition de séparation
de l’Eglise et de l’Etat. Selon Moritz Leuenberger, membre du gouvernement
zurichois, l’Eglise est la «conscience de l’Etat».
Il n’est pas certain que cette opposition aura assez de poids au moment du
référendum.
Selon des sources catholiques romaines, la proposition devrait être rejetée
par une majorité d’environ 65 %, mais les protestants se montrent plus
prudents à cet égard.
Selon Ruedi Reich, il y aura des licenciements et des pertes financières si
la proposition est acceptée et l’engagement social de l’Eglise dans le
domaine de l’éducation et de l’aumônerie dans les hôpitaux et les prisons
sera menacé.
Il a critiqué en outre le manque apparent d’intérêt pour la question de la
part des autres Eglises cantonales ou de la FEPS.
«J’aurai aimé un peu plus de soutien», a-t-il dit. L’Eglise protestante de
Zurich, qui est réformée, est la plus importante des Eglises protestantes
suisses.
Si la proposition est rejetée, R. Reich a l’intention de faire campagne
pour que d’autres communautés religieuses, entre autres la communauté juive
de Zurich, obtiennent un statut similaire à celui des grandes Eglises.
Il y a déjà eux deux référendums en Suisse sur la séparation de l’Eglise et
de l’Etat, au niveau cantonal en 1977 et au niveau fédéral en 1980. Et
chaque fois la proposition avait été repoussée.
Une majorité de Suisses s’opposent au célibat obligatoire des prêtres.
C’est ce que révèle un sondage effectué après que l’évêque catholique
romain de Bâle, Hansjoerg Vogel, eut annoncé sa démission le 2 juin pour
raison de paternité.
Selon le sondage publié dans le SonntagsBlick, 69 % des personnes
interrogées ont déclaré vouloir que l’évêque poursuive ses fonctions – 63 %
chez les catholiques romains et 77 % chez les protestants.
86 % de ces personnes se sont prononcées contre le célibat obligatoire.
Parmi les protestants, le chiffre est de 90 % contre 84 % chez les
catholiques romains. Et les femmes catholiques romaines (88%) sont plus
opposées au célibat obligatoire que les hommes (80 %), indique le sondage.
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