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apic/Guatémala/ Rios Montt
Guatémala: le général Rios Montt veut la présidence (260795)
Malgré son passsé de putschiste et de dictateur
26juillet(APIC) Le général Efrain Rios Montt, malgré son passé de putschiste et de dictateur espère bien retrouver légalement le pouvoir au Guatémala lors de l’élection présidentielle de novembre. Donné favori au début
de l’année, il a cependant vu sa cote fortement baisser lors des derniers
mois suite à diverses «affaires».
En mars 1982, Efrain Rios Montt, également prédicateur laïc, était devenu chef de l’Etat à la faveur d’un putsch. Après 17 mois de pouvoir, durant
lesquels il avait mené une répression féroce, il en avait été chassé par un
autre coup d’état militaire. Aujourd’hui, il rêve toujours de reprendre les
rênes du pouvoir, malgré une clause de la Constitution de 1985 interdisant
l’élection de toute personne ayant «enfreint l’ordre constitutionnel».
Ses espoirs ont redoublé car des sondages d’opinion réalisés au début de
l’année le plaçaient en tête des candidats aux présidentielles. Depuis
qu’il assume par ailleurs la présidence du Congrès, il tente, en contournant la loi, d’esquiver les obstacles constitutionnels à sa candidature.
Rien ne semblait pouvoir l’arrêter sur cette voie si ce n’est une série de
«gaffes» politiques qui ont sérieusement réduit ses chances.
Rios Montt a souvent promis qu’il n’y aurait «ni vol, ni abus ni mensonge», s’il accédait à la présidence, et qu’il serait différent des autres
politiciens guatémaltèques, souvent corrompus. «Il est peut-être autoritaire et coupable de massacres, mais au moins il est honnête», pouvaient penser de nombreux citoyens. D’autant que l’ancien prédicateur de l’Eglise
fondamentaliste du «Verbe» n’hésite pas à utiliser un discours moraliste et
religieux.
Dès le mois d’avril, des rumeurs ont circulé dans l’enceinte du Congrès
guatémaltèque selon lesquelles l’Alliance républicaine guatémaltèque (FRG)
de Rios Montt surveillait les conversations téléphoniques privées des parlementaires. La mise sur écoute est une pratique courante au Guatemala,
mais Rios Montt avait toujours soutenu que son parti était au-dessus de
tels agissements.
Le 15 juin, un responsable du FRG a déclaré être en possession de l’enregistrement d’un entretien téléphonique entre le président Ramiro de Leon
Carpio et un responsable du Parti national du progrès (PAN), au cours duquel le président aurait offert 25 millions de quetzales (plus de 4 millions de dollars US) pour financer la campagne du PAN. Cette manoeuvre du
FRG pour discréditer le PAN a cependant fait long feu. Une semaine plus
tard, il s’est avéré que ce n’était pas le président du pays, mais un simple fonctionnaire, qui avait proposé de l’argent d’un fonds national pour
l’administration des villes. Au lieu de s’en prendre aux moyens de financement du PAN, les critiques se sont concentrées sur les pratiques illégales
du FRG.
Un autre coup a été porté aux ambitions de Rios Montt lorsque le FRG a
tenté de faire remplacer les membres du Conseil électoral suprême, qui
avait décidé en 1990 que Rios Montt était inéligible pour avoir enfreint
l’ordre constitutionnel.
Malgré cette perte de vitesse, Rios Montt s’obstine à déclarer qu’il va
remporter les élections. Le dimanche 23 juillet, accompagné de 5 000 partisans, il s’est rendu au bureau des enregistrements pour faire officiellement acte de candidature.
Rios Montt, membre de l’Eglise fondamentaliste du «Verbe», rattachée à
une Eglise missionnaire de Californie, a menacé de lancer un appel à la désobéissance civile, si le droit à la présidence lui était refusé. «Ce sera
l’anarchie si je ne suis pas autorisé à me présenter», a-t-il averti. Cette
menace à peine voilée de coup d’état pourrait avoir l’appui des militaires
agacés par les multiples révélations sur les violations des droits commises
par l’armée. Avec Rios Montt au palais présidentiel, leur impunité serait
garantie. (apic/eni/mp)




