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apic/Réfugiés rwandais au Zaïre/ crainte d’un nouveau bain de sang

Caritas inquiète à propos des réfugiés rwandais au Zaïre (200795)

«Si la situation s’enlise, on risque un nouveau bain de sang»

Bruxelles, 20juillet(APIC/CIP) Caritas Secours International et d’autres

organisations non gouvernementales (ONG) présentes parmi les réfugiés rwandais au Zaïre ont lancé à Bruxelles, le 20 juillet, un appel à la Communauté internationale pour faire évoluer d’urgence la situation des réfugiés au

Nord-Kivu. «Si la situation s’enlise, on risque un nouveau bain de sang»,

déclare J. Ketelers, représentant de Caritas Secours International.

Bien que la situation humanitaire dans les camps du Kivu soit actuellement sous contrôle, les organisations non gouvernementales craignent que

les conditions politiques actuelles ne favorisent de nouvelles explosions

de violence et de haine.

Trois raisons de s’inquiéter

Trois motifs d’inquiétude sont avancés par les ONG présentes sur le terrain. D’abord, le rapatriement des réfugiés vers leur pays d’origine ne se

fait qu’au ralenti. L’existence de camps de réfugiés rassemblant plusieurs

centaines de milliers de Rwandais à quelques kilomètres seulement de la

frontière représente un risque permanent d’instabilité et d’escalade de la

violence. Enfin, les négociations entre le nouveau gouvernement de Kigali

et les réfugiés rwandais sont inexistantes.

«Tous les ingrédients d’une nouvelle crise semblent réunis», observe J.

Ketelers. C’est précisément pour éviter qu’une telle crise n’éclate que les

ONG supplient la communauté internationale de prendre d’urgence toutes les

dispositions nécessaires pour favoriser une résolution pacifique des tensions actuelles.

Six exigences pour la paix

Les demandes des ONG tiennent en six points. Elles réclament d’abord la

remise en état du système judiciaire au Rwanda, avec un plan de restructuration. Elles souhaitent aussi l’établissement d’une liste définitive des

personnes suspectées d’avoir participé au génocide de l’an dernier et leur

transfert rapide devant la justice.

Deux autres demandes visent à promouvoir le retour des réfugiés non compromis dans les massacres. Pour que ce retour se fasse en toute sérénité et

en toute sécurité, le gouvernement rwandais doit fournir les garanties indispensables. Des négociations devraient faciliter ce retour.

Les ONG préconisent encore des mesures destinées à assurer l’ordre et la

sécurité à l’intérieur des camps de réfugiés au Zaïre et dans les régions

voisines. A cette fin, il convient de maintenir l’appui au contingent militaire zaïrois chargé de cette mission. Mais il faut aussi multiplier les

moyens de contrôle et de surveillance pour un respect strict de l’embargo

sur les armes et renforcer les mesures dissuasives afin de prévenir tout

risque d’une reprise soudaine des affrontements. (apic/cip/ba)

20 juillet 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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