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apic/Coalition religieuse/Politique de la Banque Mondiale et du FMI

Etats-Unis:Coalition religieuse contre la (270895)

politique du FMI et de la Banque Mondiale

Les institutions de crédit et le «péché économique mondial»

New York, 27août(APIC/ENI) Trente organisations américaines en lien avec

les principales Eglises protestantes et l’Eglise catholique ont formé aux

Etats-Unis une coalition sur la Banque mondiale (BM) et le Fonds Monétaire

International (FMI) pour arriver à une meilleure justice dans l’économie

mondiale. Le Groupe de Travail Religieux (Religious Working Group – RWG)

vise surtout la politique de ces deux plus grandes institutions de crédit

du monde.

Le RWG préconise notamment l’annulation de la dette des pays les plus

pauvres et la fin des programmes d’ajustement structurel du FMI. Ces dix

dernières années, de nombreuses organisations religieuses se sont inquiétées de voir la BM et le FMI «aggraver» les problèmes des pays en voie de

développement, détruire l’environnement et mettre la corde au cou des pays

pauvres en les endettant.

Afrique: une dette de 164 milliards de dollars

Les organisations religieuses se sont surtout concentrées sur les problèmes de l’Afrique, où une dette estimée à 164 milliards de dollars a forcé de nombreuses nations du continent à cesser d’investir dans l’enseignement, la santé, l’industrie et la production alimentaire. La chute des prix

des matières premières a aggravé la crise de la dette africaine et a poussé

la Conférence des Eglises de toute l’Afrique (CETA), qui a son siège à Nairobi, à demander à la communauté mondiale d’enquêter sur les modalités de

prêts de la BM et du FMI. La CETA a également demandé une enquête sur ce

qu’elle qualifie de «pratiques commerciales injustes» sur le marché international.

Le RWG a joint sa voix à celle d’un mouvement mondial préconisant la

réforme des institutions financières internationales. Le RWG a pour

objectif d’éduquer les confessions et les communautés religieuses sur le

problème de la dette et du développement tout en travaillant avec des

organisations populaires et la campagne «50 ans, ça suffit» (»50 Years is

Enough») aux Etats-Unis.

Des centaines de chefs religieux ont signé la déclaration pour le changement du RWG, qui préconise une annulation de la dette des pays les plus

pauvres, la suppression des programmes d’ajustement structurel et sectoriel, et une plus grande responsabilisation des deux institutions financières établies il y a 50 ans à Bretton Woods, près de Washington.

Inspiré par un texte de l’Ancien Testament, Lévitique 25: 9-10, qui proclame une cinquantième année de jubilé pour la terre et ses habitants, le

RWG espère que le «peuple croyant pourra trouver des solutions» à l’abîme

financier qui menace les pauvres. Le programme du RWG, «Un appel pour le

jubilé», invite la Banque mondiale et le FMI à effectuer une évaluation

sincère du «péché» qui ronge l’économie mondiale pour comprendre la

souffrance imposée aux pays les plus pauvres par les politiques monétaires

et économiques mondiales, «et pour rechercher, tel que Dieu les voit, un

nouveau paradis et une nouvelle terre où règnent la compassion, l’équité et

la justice».

Les membres du RWG, qui sont issus des principales Eglises protestantes,

des organisations catholiques et des communautés religieuses, coopèrent

avec les organisations laïques et écologiques pour rendre leur cause publique avant et pendant la réunion annuelle des deux banques prévue du 9 au 12

octobre à Washington. Leurs efforts sont coordonnés à Washington par la

congrégation religieuse catholique Maryknoll qui compte des membres dans 37

pays.

Graham Barrett, porte-parole des médias pour la Banque mondiale, a déclaré à l’agence de presse oecuménique ENI que seule une petite minorité

d’organisations religieuses s’opposait au travail de la Banque mondiale. La

Banque mondiale a fait de très bon travail avec des milliers d’organisations non-gouvernementales du monde entier, y compris des Eglises, a-t-il

affirmé. «Nous sommes la plus grande banque de développement au monde et, à

ce titre, nous faisons de notre mieux pour alléger la pauvreté, prévoir des

hôpitaux et des écoles, et pour travailler avec les femmes et avec les personnes atteintes du sida. «Il y aura toujours des critiques, mais nous n’en

recevons pas autant que les Nations Unies.»

Graham Barrett qualifie la Campagne de 50 ans d’»obstructionniste» et

d’»inutile». La campagne ne présente à ses yeux «aucune solution». «Si on

ferme la Banque mondiale, on perd 50 ans de compétences dans le domaine du

développement.» (apic/eni/be)

27 août 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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