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apic/Tribunal de Nîmes/Rwanda

France: Témoignages fragiles contre le Père Munyeshyaka (240895)

Le président du tribunal de Nîmes particulièrement sévère dans son arrêt

Paris, 24août(APIC/CIP) Interpellé par la police le 28 juillet en gare de

Montélimar, le Père Wenceslas Munyeshyaka a été inquiété sur des bases fragiles: c’est ce que conclut l’arrêt de la Chambre d’accusation de la cour

d’appel de Nîmes, qui l’a remis en liberté le 11 août tout en l’assignant à

résidence.

Le journal «Le Monde» vient de publier des extraits de cet arrêt. «Parmi

les sept hommes ayant délibéré une attestation en juillet 1995, aucun ne

relate de faits précis caractérisés dont il aurait été victime», écrit le

président du tribunal, qui se montre sévère à l’encontre des témoignages

produits contre le P. Wenceslas. La Chambre d’accusation est aussi critique

à l’égard du rapport de la commission d’enquête Clatho, qui contient «des

affirmations gratuites et diffamatoires».

Rappelons que le nom du P. Wenceslas Munyeshyaka, prêtre rwandais réfugié en France depuis bientôt un an, figure sur une liste – établie par le

gouvernement de Kigali – des «principaux commanditaires, organisateurs et

auteurs présumés du génocide et des assassinats politiques commis au Rwanda». Neuf jours avant son interpellation, il avait organisé une conférence

de presse pour se défendre des accusations lancées contre lui par une revue, où on lui reprochait notamment d’avoir livré des Tutsis réfugiés dans

la paroisse de la Sainte-Famille à Kigali, où il était vicaire. Le prêtre

avait vivement protesté de son innocence, s’étonnant qu’on l’accuse aussi

d’avoir violé des femmes et qu’on ose mettre également en cause d’autres

prêtres «qui ont courageusement aidé le peuple abandonné». (apic/cip/pr)

24 août 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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