Le texte contient 49 lignes (max. 75 signes), 528 mots et 3534 signes.

apic/Suisse/ SGP

Suisse: les oeuvres d’entraide plaident pour un commerce équitable

Pour la révision du «système généralisé des préférences» (SGP) (140995)

Berne, 14septembre(APIC) Dans la cour du commerce mondial, les plus pauvres n’ont que la portion congrue. La libéralisation engendrée depuis le

debut de l’année par la mise en place de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ne leur est guère favorable. Pour éviter que la prosperité des uns

se fasse sur le dos des autres, la Communauté de travail des oeuvres suisses d’entraide entend défendre et accroître les quelques «préférences» commerciales accordées par la Suisse aux pays en voie de développement.

La Confédération qui avait promis une révision de sa réglementation en

1995 doit bouger, ont souligné jeudi les oeuvres d’entraide lors d’une

conférence de presse à Berne.

Depuis 1972, la Suisse offre aux pays en développement des préférences

tarifaires à la frontière. Si pour importer des tee- shirts des Etats-Unis

le tarif est de 200 francs, il est de 100 francs s’ils proviennent d’Inde

et de zéro franc s’ils sont fabriquéa Bangladesh. Le «système généralisé

des préférences» (SGP), qui concerne esssentiellement les produits agricoles, a été prolongé jusqu’au 28 février 1997. Il est question actuellement

de le réviser entièrement, notamment pour le mettre en conformité avec les

accords du GATT, issus de l’Uruguay Round.

Abolir la progressivité des tarifs douaniers

De fait les marges des pays bénéficiaires des préférences sont aujourd’hui réduites par un double phénomème: celui de la baisse générale des

tarifs douaniers engendrée par l’OMC et celui de la progressivité des tarifs qui fait qu’un produit transformé est taxé beaucoup plus fortement

qu’un produit brut. En outre, la conclusion d’accords bi-latéraux ou de libre échange amène une concurrence supplémentaire pour les pays les plus

pauvres qui se trouvent à nouveau marginalisés, déplorent les oeuvres d’entraide.

Dans le cadre de la révision du SGP, promise par la Confédération pour

1995, mais qui n’aboutira pas avant 1997, la Communauté de travail propose

une série de mesures. L’abolition de la progressivité des tarifs constitue

un premier pas. A ses yeux, il s’agit en fait d’une protection à la frontière pour les produits indigènes et on ne saurait subventionner la politique agricole suisse sur le dos des producteurs du Sud.

Aujourd’hui le système des préférences tarifaire exclut 40% des importations agricoles des pays les moins avancés. Une extension à tous les produits agricoles donnerait à ces pays un sérieux coup de pouce, sans inconvénient majeur pour l’agriculture suisse, puisque l’OMC permet un contrôle

par l’introduction de contingents. «Un accès plus ouvert représente peu

pour nous, mais beaucoup pour eux», souligne la Communauté de travail.

Les accords bi-latéraux conclus par la Suisse avec de nombreux partenaire leur octroient souvent des privilèges plus importants que ceux accordés

aux pays du Sud. Les pays en développement doivent disposer d’avantages au

moins égaux, demandent les oeuvres d’entraide.

Enfin une série d’autres réformes sont nécessaires à propos des règles

d’origine, d’un bonus social et écologique, ou de l’ouverture du SGP au

secteur des services. La Suisse se doit également d’aider les pays les plus

pauvres à utiliser plus efficacement les mesures tarifaires grâce à la mise

sur pied de programmes de formation, estime la Communauté de travail.

(apic/mp)

14 septembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!