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apic/Mexique/Assassinat du cardinal Posadas/Juge interroge nonce

Mexique:Un juge d’instruction désire interroger (050995)

le nonce à propos l’assassinat du cardinal Posadas

«Relations présumées avec les auteurs de l’attentat»

Mexico, 5septembre(APIC/CIP) Pablo Chapa Benazilla, le juge d’instruction

fédéral chargé de l’enquête sur l’assassinat du cardinal mexicain Juan

Jesus Posadas Ocampo, désire interroger le nonce apostolique en poste à Mexico sur ses «relations présumées avec les auteurs de l’attentat».

Le cardinal Posadas Ocampo, archevêque de Guadalajara, a été abattu le

24 mai 1993 à l’aéroport de Guadalajara, où il s’était rendu pour accueillir le nonce à Mexico, Mgr Girolamo Prigione. Comme son chauffeur et cinq

personnes présentes, il a été tué lors d’une fusillade entre trafiquants de

drogue, pour avoir été confondu avec un chef de bande, Joaquin Guzman (ils

possédaient tous deux une Ford Grand Marquis de couleur blanche immatriculée dans l’Etat de Jalisco).

Selon le juge d’instruction Chapa, la bande rivale était dirigée par les

frères Ramon et Benjamin Arellano Felix. Lesquels étaient encore reçus à la

nonciature en décembre 1993 et janvier 1994, six mois après le meurtre. Que

faisaient-ils chez Mgr Girolamo Prigione alors qu’ils figuraient déjà parmi

les personnes les plus recherchées de Mexico et que leur arrestation avait

été ordonnée ?

Le nonce a déjà donné son explication dans une brève déclaration faite

en juillet 1994: c’est un prêtre mexicain, Gerardo Montano, qui aurait fait

venir les frères Arellano à la nonciature à deux reprises, pour parler avec

eux de «questions d’ordre personnel». Selon Mgr Prigione, il ne s’agissait

pas d’entretiens «confidentiels» et ils n’avaient rien d’une «confession»,

et le nonce n’a rien entendu «qui aurait une quelconque relation avec le

meurtre du cardinal Posadas». Ce sont ces explications et les entretiens

entre Mgr Prigione et les frères Arellano que le juge d’instruction entend

éclaircir.

En octobre 1993, la revue italienne «Trenta Giorni», proche du mouvement

«Communion et Libération», avait publié un dossier contredisant la version

officielle d’une «méprise»: le cardinal était filé depuis une semaine, son

téléphone était sur écoute, des inconnus s’étaient introduits dans sa

résidence. Sur les quatorze coups de feu tirés, certains l’avaient été à

moins de trente centimètres de distance, ce qui rend pour le moins douteuse

la thèse officielle d’une confusion, d’autant plus que le cardinal portait

un clergyman et sa croix pectorale. Coïncidence troublante: deux des

assassins présumés sont morts dans des circonstances suspectes, l’un en

prison, qui se serait étranglé en ingurgitant de la nourriture, l’autre

dans un échange de coups de feu avec la police.

Le cardinal Posadas avait lancé de nombreux appels contre la violence et

le trafic de drogue. Guadalajara est en effet le siège d’un cartel de narcotrafiquants naguère très puissant, mais affaibli par l’emprisonnement de

ses dirigeants suite à un assassinat commis en 1985. La ville a été souvent

le théâtre d’affrontements armés entre bandes rivales. (apic/cip/be)

5 septembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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