New York, 26 octobre 1995 (CIP)

ONU: le cardinal Sodano plaide pour une éthique de la solidarité =

Pour être plus qúun simple organe multinational, l’ONU doit relever les

défis de l’heure: «une éthique de la solidarité, une passion pour la paix,

la promotion du respect des différences»: c’est le message lancé par le

cardinal Angelo Sodano, Secrétaire d’Etat du Vatican, dans un discours

prononcé devant l’assemblée générale à l’occasion du 50e anniversaire de

l’organisation, quelques semaines après la visite qúy a faite Jean-Paul II.

Dans son intervention, publiée jeudi au Vatican, le cardinal s’est réjoui

que l’ONU a été pendant 50 ans non seulement le «laboratoire» où se sont

affinés certains aspects du droit international et le lieu d’un dialogue

multilatéral constant, mais aussi le centre où ont été élaborées et prises

des «résolutions» aptes à prévenir les conflits ou à leur trouver des

solutions raisonnables, ou encore à mettre en oeuvre, efficacement, ce qui

est exigé par les droits de l’homme et la solidarité». L’ONU est ainsi

devenue un instrument «indispensable», dont l’action est «irremplaçable».

Le cardinal a réitéré le souhait, exprimé par le pape dans son récent

discours à la tribune de l’organisation, que celle-ci soit davantage un

«centre moral» pour la «famille des nations», ce qui suppose que chaque

Etat membre «se sente accepté et reconnu pour ce qúil est», qúil accepte de

donner et de recevoir et que «tous communient à un même patrimoine de

valeurs dont les fleurons demeurent les idéaux de justice, de liberté, de

paix et de solidarité». Par sa présence, le Saint-Siège désire pour sa part

contribuer à ce que les décisions prises soient toujours déterminées par le

bien objectif de tous «et surtout des populations les plus affectées par la

misère, l’injustice ou la guerre», et non par «des perspectives égoïstes ou

nationalistes ou par les seuls intérêts économiques».

Mgr Sodano a conclu: «Après ces cinquante années d’existence, l’ONU est

appelée à renouveler ses engagements envers la communauté internationale

pour éviter tout ce qui pourrait la réduire à n’être qúun simple organisme

international. Il lui faut trouver des voies nouvelles qui permettent à

tous ses membres de relever les défis de l’heure: une éthique de la

solidarité, une passion pour la paix, la promotion du respect des

différences.» (cip-bol)

La pr?lature du Tunis promue au rang de dioc se

Rome, 26 octobre 1995 (CIP)

Tunis, unique circonscription catholique de Tunisie, était depuis 1964 une

prélature territoriale dépendant directement du Saint-Siège. C’est

désormais un diocèse: la dernière note récapitulative de l’Office central

des statistiques du Vatican sur les modifications à apporter dans l’édition

1995 de l’Annuaire pontifical précise en effet que Mgr Fouad Twal a été

promu archevêque-évêque de Tunis.

Préfecture apostolique dès 1650, vicariat apostolique en 1843, l’ancien

archidiocèse de Carthage rétabli en 1884 était devenu une prélature

territoriale au lendemain de l’indépendance (1965), qui fut une leçon

d’humilité pour cette Eglise qui vit partir nombre de ses fidèles. En 1964,

l’Eglise et le gouvernement tunisien adoptèrent un «modus vivendi». De

200.000 en 1956, les chrétiens ne sont plus aujourd’hui que 12.000 sur une

population de près de 8 millions d’habitants, assistés par quinze prêtres

et une trentaine de religieuses. A la communauté chrétienne permanente,

formée surtout de personnes âgées dont la plupart sont françaises et

italiennes, s’ajoute une communauté de passage formée de coopérants, de

membres du corps diplomatique et d’étudiants venus d’Afrique noire.

L’évêque de Tunis, Mgr Fouad Twal, 55 ans, est originaire du patriarcat de

Jérusalem des Latins. Il est assisté par un vicaire général, le Père Blanc

belge Paul Geers.

Rappelons que c’est avec la colonisation française, à la fin du siècle

dernier, que les chrétiens sont réapparus en Tunisie. Parmi eux, un géant

de l’apostolat: le cardinal Lavigerie. Il créa des dispensaires, des

hospices, des écoles et des oeuvres d’assistance au service de la

population. L’Eglise ne s’est pourtant jamais enracinée dans le peuple

tunisien, massivement musulman. (cip)

nnnn

26 octobre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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