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Réfugiés rwandais: Caritas Internationalis demande que soient assurées les

conditions d’un retour volontaire =

Bruxelles, 24 octobre 1995 (CIP)

Oui au retour des réfugiés rwandais, non à toute forme d’intimidation:

c’est la position de Caritas Internationalis, qúinquiète l’attitude des

autorités zaïroises.

Au lendemain de l’expulsion brutale de près de 15.000 réfugiés, Caritas

redoute les effets de la menace d’expulsion (dont l’exécution est prévue

avant le 1er janvier 1996), qui crée déjà une nouvelle instabilité dans les

camps. «La peur des réfugiés, qui craignent un emprisonnement arbitraire,

et le reniement international des besoins de la population locale zaïroise

avaient déjà contribué largement à cette instabilité qui menace la région

entière dans son économie, sa survie et sa pacification», souligne Johan

Ketelers, porte-parole du Secours International de Caritas.

Caritas Internationalis est favorable au retour des réfugiés, mais rejette

toute forme d’intimidation. C’est pourquoi l’organisation s’emploie à

donner une information objective aux réfugiés afin de préserver leur droit

au libre choix. Elle exprime donc son inquiétude quant à la sécurité et au

manque de structures d’accueil pour les réfugiés qui peuvent rentrer chez

eux: «En-dehors des camps de transit du HCR et des procédures rwandaises de

sélection pour identifier les génocidaires présumés, trop peu de structures

sont mises en place pour assurer un retour organisé de 2 millions de

personnes dans leurs communautés d’origine». Pour faciliter l’accueil et

contribuer à la réhabilitation et la reconstruction du pays, Caritas Rwanda

s’est déjà engagée pour sa part à développer des projets de réhabilitation

à travers le pays et à renforcer ses structures nationales et diocésaines.

Caritas pense aussi à la population zaïroise, qui «souffre des conséquences

d’une injustice internationale qui octroie de l’aide aux uns et la refuse

aux autres» et vit ainsi la destruction totale d’une économie déjà précaire

sans pouvoir faire valoir des droits à l’aide humanitaire. «Dans la

comparaison quotidienne avec les réfugiés qui occupent leurs terres et

partagent leurs champs, les paysans zaïrois ne peuvent que se sentir brimés

et discriminés», observe Caritas.

Caritas Internationalis demande avec insistance au gouvernement rwandais et

à toutes les institutions compétentes de mettre sur pied une structure qui

pourra favoriser un dialogue qui est «indispensable à la reconstitution du

tissu social qui doit réunir toute la population rwandaise et favoriser une

société harmonieuse». Elle supplie la communauté internationale de prendre

toutes les mesures nécessaires pour que la sécurité des réfugiés qui

rentrent au pays soit garantie, que des solutions tangibles soient

développées pour tous ceux qui ne sont pas disposés à rentrer de manière

volontaire, que des structures justes et indépendantes soient élaborées au

Rwanda et que les droits de l’homme soient scrupuleusement respectés.

Caritas réclame enfin des «solutions durables», car «toute aide humanitaire

est temporaire de par sa nature et ne pourra jamais se substituer aux

solutions politiques attendues depuis trop longtemps».

24 octobre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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