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Ukraine:Election d’un «patriarche» orthodoxe le 20 octobre (191095)

L’Eglise dissidente n’est pas reconnue par l’orthodoxie mondiale

Kiev, 19octobre(APIC) L’Eglise orthodoxe ukrainienne du patriarcat de

Kiev, une Eglise dissidente qui n’est pas reconnue par l’orthodoxie mondiale, va élire vendredi et samedi 20 et 21 octobre son nouveau «patriarche»

dans la cathédrale historique de Sainte-Sophie, qui sert de musée et n’a

pas encore été rendue au culte. Il devrait succéder au «patriarche» Volodymir Romaniouk, décédé le 14 juillet dernier.

C’est le très controversé métropolite de Kiev Philarète Denysenko qui

actuellement dirige ad interim cette Eglise qui s’est séparée en 1992 du

patriarcat de Moscou, représenté en Ukraine par l’Eglise orthodoxe «autonome» d’Ukraine. Philarète, en raison de sa compromission passée avec le régime communiste et d’un mode de vie personnel incompatible avec son statut

d’évêque, avait été destitué par l’Eglise orthodoxe du patriarcat de Moscou

et réduit à l’état laïc. Rompant les liens canoniques avec le patriarcat de

Moscou, il a fondé, avec quelques évêques dissidents, le «patriarcat de

Kiev».

200 délégués, dont 25 évêques, participeront à cette élection. Des observateurs des autres Eglises chrétiennes d’Ukraine, ont également été invités, dont des représentants des Eglises orthodoxe autonome dépendant du

patriarcat de Moscou, grecque-catholique, catholique de rite latin et orthodoxe «autocéphale» ukrainienne (soutenue par les exilés aux Etats-Unis

et au Canada).

Le métropolite Philarète a reçu l’autorisation du président ukrainien

Leonid Koutchma et du Premier ministre Yevhen Martchouk de «louer» la célèbre cathédrale pour les 21 et 22 octobre. Le gouvernement ukrainien veut

manifestement éviter que lors de l’élection du nouveau patriarche ne se répètent les violentes manifestations du 18 juillet dernier. A cette date,

des milliers de fidèles, accompagnant le cortège funèbre du «patriarche»

Volodymir Romaniouk, avaient tenté, sans autorisation du gouvernement,

d’entrer dans l’enceinte de la cathédrale pour enterrer le défunt.

La police était alors intervenue pour empêcher les gens d’entrer et des

heurts très violents avaient eu lieu entre la police et les manifestants,

en particulier avec des militants nationalistes ukrainiens membres de l’organisation paramilitaire «Armée nationale ukrainienne d’autodéfense» (UNAUNSO). 70 personnes avaient été blessées et la police avait procédé à 12

arrestations.

Après l’accession à l’indépendance de l’Ukraine, le jusqu’alors philosoviétique Philarète Denysenko s’était rapproché du mouvement nationaliste

ukrainien et avait refusé la proposition d’une certaine autonomie que présentait l’Eglise orthodoxe russe à l’Eglise ukrainienne et il a conduit ses

partisans au schisme. L’Eglise orthodoxe russe a alors destitué puis excommunié Philarète Denysenko et déclaré son Eglise dissidente comme non canonique. L’Eglise orthodoxe d’Ukraine (canonique), dirigée par le métropolite

Vladimir de Kiev, ne considère pas cette Eglise rivale comme une institution religieuse, mais comme une organisation «strictement politique».

(apic/kap/sop/ba/be)

19 octobre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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