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apic/Pologne/Ratification du Concordat/Intervention de Lech Walesa

Pologne: Le président Lech Walesa prend des mesures pour (191095)

accélérer la ratification du Concordat avec le Vatican

Obstacles parlementaires depuis plus de deux ans

Varsovie, 19octobre(APIC) Le président polonais Lech Walesa a adopté mercredi des mesures en vue d’accélérer la ratification du Concordat entre la

Pologne et le Saint-Siège. Certains milieux soupçonnent Walesa d’arrièrepensées électoralistes pour s’assurer l’appui de l’Eglise avant l’élection

présidentielle du 5 novembre.

Le Concordat – le 5e de l’histoire des relations polono-vaticanes, il

remplace celui de 1925, qui avait été dénoncé unilatéralement par les autorités communistes en 1945 -, a pourtant été signé le 28 juillet 1993, mais

la gauche, majoritaire au Parlement, fait obstacle à une ratification réclamée depuis plus de deux ans par l’Eglise polonaise et le pape Jean Paul

II lui-même.

Lech Walesa a présenté mercredi au Parlement de Varsovie trois projets

de loi destinés à hâter la ratification du Concordat. La nouvelle législation proposée prévoit entre autres l’égalité entre le mariage civil et religieux – la querelle avec les opposants au Concordat porte notamment sur

les effets civils du mariage religieux – ainsi qu’une disposition permettant aux non catholiques de pouvoir eux aussi être enterrés dans les cimetières catholiques. Ces mesures permettent ainsi aux lois polonaises d’être

en accord avec les dispositions du Concordat. Lech Walesa propose encore

que les droits de ratification réservés au Parlement soient transférés au

président de l’Etat.

Intentions électoralistes?

Dans son édition de jeudi, le quotidien polonais «Gazeta Wyborcza» laisse entendre que l’intervention du président Walesa n’est pas dépourvue

d’intentions électoralistes. Le week-end dernier, le président polonais

s’est longuement entretenu avec le cardinal Jozef Glemp, primat de Pologne.

L’opposition au Concordat provient des rangs de l’Alliance de la gauche démocratique (SLD), qui contrôle le Parlement polonais, le Sejm.

Le Concordat, signé en juillet 1993, se compose de 29 articles, précédés

d’une préface. Il affirme en préambule que l’Etat polonais et l’Eglise sont

«indépendants et autonomes, chacun dans son domaine» et «s’engagent au respect réciproque et à la collaboration pour la promotion de l’homme et du

bien commun». Le Concordat accorde la liberté de communication et d’organisation pour les organismes de l’Eglise catholique et lui reconnaît la personnalité juridique. Cette dernière doit notifier à l’Etat les changements

survenus et s’engager à ce que le territoire des diocèses correspondent aux

frontières nationales. Même si le choix des évêques est exclusivement de la

compétence du Saint-Siège, aucun membre de la Conférence épiscopale ne peut

être d’origine étrangère.

L’Eglise catholique est également libre d’établir et de gérer des institutions d’enseignement et a le droit d’organiser la pastorale en milieu militaire et dans les prisons, et l’enseignement religieux dans les écoles

publiques. L’an dernier, le Conseil oecuménique polonais, qui regroupe les

sept plus grandes Eglises après l’Eglise catholique polonaise, avait exprimé sa crainte que le Concordat n’accorde une «place privilégiée» à l’Eglise

catholique. Il avait demandé au gouvernement de garantir aux minorités religieuses – il y a en Pologne 33 confessions non catholiques enregistrées l’égalité de traitement. (apic/kna/be)

19 octobre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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