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apic/110 nouveaux bienheureux/Martyrs/Guerre d’Espagne/Révolution française
Rome:Jean Paul II béatifie des prêtres victimes de(011095)
la Révolution française et de la guerre civile espagnole
110 nouveaux bienheureux
Rome, 29septembre(APIC) Jean Paul II, lors d’une messe solennelle sur la
place St-Pierre, a béatifié dimanche 110 chrétiens, dont Pietro Casani
(1572-1647), un religieux piariste italien pionnier des écoles chrétiennes,
et 109 chrétiens français et espagnols persécutés pour leur foi durant la
Révolution française et la guerre civile espagnole. Le pape a rappelé à
cette occasion que «le martyre est un don spécial de l’Esprit saint».
Le pape a proclamé bienheureux lors de cette impressionnante cérémonie
le vicaire général de la Rochelle, Jean-Baptiste Souzy (1732-1794), et 63
de ses compagnons – prêtres diocésains, chanoines et religieux – qui périrent en 1794 sur les «Pontons de Rochefort», ainsi que 45 prêtres, religieuses, religieux et laïcs espagnols exécutés durant la guerre civile qui
a ensanglanté l’Espagne (1936-1939).
Ces derniers, reconnus comme martyrs, font partie des quelque 7’000 victimes que cette guerre a faites parmi les seuls prêtres, religieuses et religieux en Espagne. Parmi eux, on note la présence de Mgr Anselmo Polanco
(1881-1939), religieux de saint Augustin et évêque de Teruel, exécuté en
1939 en compagnie de l’abbé Felipe Ripoll.
Les martyrs: un amour total pour Jésus-Christ
Jean Paul II a déclaré dans une allocution prononcée en espagnol que
«les martyrs renoncent à se défendre non parce qu’ils ont peu d’estime pour
la vie, mais en raison de leur amour total pour Jésus-Christ». Les martyrs
de la Fraternité des prêtres ouvriers diocésains du Coeur de Jésus (Pedro
Ruiz de los Panos y Angel, exécuté avec 8 compagnons en 1936) nous rappellent aussi «l’urgence de l’apostolat» des vocations, en particulier sacerdotales, a encore noté Jean Paul II.
Quant aux éducateurs de la congrégation de Joseph Calasanz et Pietro Casini (Dionisio Pamplona et 12 compagnons religieux piaristes, exécutés en
1936), «ce ne sont pas les héros d’une guerre humaine, mais des éducateurs
de la jeunesse (…) qui ont donné par leur mort l’ultime leçon de leur
vie». Quant aux martyrs marianistes, religieux de la Compagnie de Marie
(Carlos Erana Guruceta, Jésus Hita Miranda, Fidel Fuidio Rodriguez, tués en
1936), «ils moururent en pardonnant, sûrs de suivre ainsi les pas du Christ
lui-même».
Promotion de la justice dans le monde du travail
Les Soeurs de la Doctrine Chrétienne – la bienheureuse Angeles Lloret
Marti (Mère Angeles de san José) et 17 de ses compagnes furent exécutées en
1936 – découvrirent que «la persécution, la pauvreté et la souffrance sont
aussi des chemins qui conduisent à Dieu». Elles ont reçu du Christ ressuscité la force de se consacrer jusqu’au bout à l’évangélisation, a souligné
Jean Paul II.
Et le pape de relever encore, parmi les martyrs de la guerre civile espagnole, la figure de Vicente Vilar David, un homme marié, chef d’entreprise qui mit en pratique la doctrine sociale de l’Eglise dans l’entreprise de
céramique qu’il dirigeait. Il fut exécuté le 14 février 1937 en disant à
ses assassins: «Non seulement je vous pardonne, mais je vous aime et je
prie pour vous». Le pape a relevé que son martyre fut le «couronnement
d’une existence vécue dans un don total à Dieu, au prochain, et à la promotion de la justice dans le monde du travail». Il nourrissait sa vie de
prière, et par une grande dévotion à l’eucharistie, de telle manière que
son travail «portait l’empreinte de la présence de Dieu».
Ils ont «combattu le bon combat de la foi»
En français, le pape a ensuite évoqué les 64 martyrs de la Révolution
française, qui ont «combattu le bon combat de la foi». Jean-Baptiste Souzy
et ses 63 compagnons martyrs sont morts entre le 19 mai et le 7 octobre
1794. Parmi les 829 déportés sur les pontons de Rochefort, ils furent entassés sur des navires avec pour destination la Guyane. Finalement, les navires restèrent à l’ancre dans l’estuaire de la Charente, bloqués par la
marine anglaise. 547 d’entre eux moururent à bord, du fait de l’horreur des
conditions de vie. La plupart des prêtres avaient refusé de prêter serment
à la Constitution civile du clergé, condamnée par le pape. Les nouveaux
bienheureux viennent de 14 diocèses de France et de 12 Instituts religieux.
S’ils sont morts, a dit le pape, c’est pour avoir jusqu’au bout tenu à
affirmer leur communion étroite avec le pape Pie VI. «Ils ont même connu un
long calvaire pour être restés fidèles à leur foi et à l’Eglise». Dans une
profonde solitude morale, ils ont eu à coeur d’entretenir un esprit de
prière, a relevé Jean Paul II. «Lentement, ils se laissèrent identifier au
sacrifice du Christ, qu’ils célébraient en vertu de leur ordination». Le
Souverain pontife encore souligné qu’en proie à la torture, ils n’eurent
pas un mot de haine à l’égard de leurs bourreaux: «Ils gardaient donc, au
fond de leur détresse, le sens du pardon». Enfin, «l’unité de la foi et
l’unité de leur patrie leur sont apparues plus importantes que tout».
(apic/as/be)




