Le texte contient 50 lignes (max. 75 signes), 523 mots et 3658 signes.
apic/Pologne/Défaite électorale/Chance pour l’Eglise?/Stefan Wilkanowicz
Pologne:La défaite de Walesa, chance
à saisir pour l’Eglise polonaise?
Pour le publiciste catholique Stefan Wilkanowicz, (271195)
l’occasion d’une remise en question salutaire
Fribourg/Cracovie, 27 novembre(APIC) La défaite électorale de Lech Walesa,
estiment les observateurs, est aussi une amère défaite pour l’Eglise catholique polonaise, qui n’avait pas ménagé son appui à l’ancien leader de Solidarnosc. «Cela devrait susciter une certaine remise en question de
l’Eglise par rapport à son propre fonctionnement, et surtout provoquer une
réflexion en profondeur sur les problèmes de l’évangélisation», estime le
publiciste catholique de Cracovie Stefan Wilkanowicz.
Personnalité catholique polonaise engagée sous le régime communiste, des
années durant rédacteur en chef de la revue mensuelle «Znak» à Cracovie,
Stefan Wilkanowicz est un observateur avisé de la scène politique et religieuse polonaise. Dans une interview accordée lundi à l’agence APIC, il
considère que l’Eglise devra évidemment analyser son rapport à la société,
mais également examiner comment évangéliser les différents milieux sociaux
dans la situation actuelle, caractérisée par un processus de laïcisation
croissante.
«Car si la pratique religieuse est encore très élevée, près de la moitié
des Polonais sont non-pratiquants; ainsi, la présence auprès des noncroyants et des non-pratiquants devient de plus en plus importante et urgente…», souligne S. Wilkanowicz. Au vu des résultats des élections, les
attitudes sont divergentes, mais certains évêques sont d’ores et déjà
d’avis qu’il faut faire un examen de conscience, non seulement à propos
d’erreurs d’appréciation tactiques, mais aussi au sujet de «certaines attitudes qui sont tout simplement le prolongement d’attitudes passées». Il
faut analyser la situation pastorale et reconnaître que la société polonaise a subi des mutations culturelles profondes.
L’Eglise doit éviter de figer ses attitudes
«Cette défaite électorale est une chance à saisir, qu’il ne faut surtout
pas gaspiller. L’Eglise doit éviter de figer ses attitudes, elle doit avoir
une vision plus ouverte et beaucoup plus profonde». Avoir certes une attitude très ouverte à l’égard de la modernité, tient à préciser Stefan Wilkanowicz, «mais ne pas chercher à tout prix une simple adaptation à la modernité; elle doit l’évangéliser et la transformer du dedans».
L’élection du président postcommuniste Aleksander Kwasniewski – qui a
provoqué beaucoup d’amertume dans certains secteurs de l’Eglise – ne représente pas directement un risque pour la liberté de l’Eglise et de la société polonaise. «Il existe bien le danger d’une certaine polarisation, peutêtre assez violente, – Walesa adopte actuellement une attitude plutôt belliqueuse – mais il n’y a aucun danger du retour du communisme, car même les
anciens communistes y sont opposés, parce que nombre d’entre eux bénéficient d’une situation plus privilégiée qu’avant». On risque aussi d’assister au ralentissement de certaines réformes et des démarches pour entrer
dans l’Union européenne et l’Otan, ainsi qu’à un processus de relative centralisation du pouvoir».
Kwasniewski va-t-il tenter de neutraliser l’Eglise?
Mais il semble que l’Eglise polonaise n’aura pas trop à souffrir du président Kwasniewski, qui devrait jouer l’ouverture pour des raisons tactiques. Ainsi, il devrait faire pression sur les parlementaires de son parti,
l’Alliance de la gauche démocratique (SDL), pour enfin ratifier le Concordat avec le Vatican. «Il a besoin de cela aujourd’hui pour montrer son ouverture et pour neutraliser en quelque sorte l’Eglise». (apic/be)




