protestent

Un responsable d’Eglise se voit interdire l’entrée à Taiwan: les Eglises

Taipei, le 16 novembre (ENIçDavid Alexander) – Le Conseil national des

Eglises des Etats-Unis et le Conseil national des Eglises de Taiwan ont

protesté auprès du président taiwanais, Lee Teng-hui, après le refus des

autorités taiwanaises de laisser un responsable d’Eglise japonais

participer à un colloque à Taipei.

Le 30 octobre, les services d’immigration ont en effet refusé à Kenichi

Otsu, secrétaire général du Conseil chrétien national du Japon, l’entrée à

Taiwan. Les autorités taiwanaises n’ont pas donné à Kenichi Otsu les

raisons de leur décision.

Kenichi Otsu avait été invité à Taipei par les Conseils nationaux d’Eglises

de Taiwan et des Etats-Unis, qui avaient organisé un colloque sur la

mission à Taipei, Taiwan, du 31 octobre au 2 novembre.

Victor W.C. Hsu, directeur du Conseil national des Eglises des Etats-Unis,

et C. C. Shang, secrétaire général du Conseil national des Eglises de

Taiwan, ont adressé une lettre au président Lee – au nom des 45

responsables d’Eglise participant au colloque – pour exprimer leur «profond

regret» et déplorer que «ce responsable d’Eglise japonais n’ait pas été

autorisé à entrer dans le pays. Nous sommes stupéfaits par ce refus des

services d’immigration et ne comprenons pas pourquoi il a été expulsé sans

aucune explication.»

Même si le colloque portait sur le contexte de la mission chrétienne à

Taiwan, notamment les aspects économiques et écologiques de la situation

sociale, cette réunion avait rencontré l’opposition de certains

responsables gouvernementaux et ecclésiastiques dans le pays et à

l’étranger.

Les participants étrangers avaient aussi rec,u une lettre du Conseil

chrétien de Chine, signée par son président, l’évêque K. H. Ting, et son

secrétaire général intérimaire, Wenzao Han, exprimant la crainte que ce

colloque «ne renforce la division entre chrétiens des deux côtés du détroit

de Taiwan».

«Nous prions pour que la réunion serve à promouvoir le dialogue et la

réconciliation, et non la division ni la confrontation basées sur des

considérations politiques.»

Le Conseil chrétien de Chine avait dans le passé reproché aux chrétiens

taiwanais de soutenir la cause de l’indépendance pour l’#le.

Les revendications sur la souveraineté de l’#le remontent à 1949, lorsque

le gouvernement du parti nationaliste de Chine, après la victoire

communiste, s’était réfugié sur l’#le de Taiwan qui avait été rendue par le

Japon après la deuxième guerre mondiale.

Depuis 40 ans les gouvernements de Beijing et de Taipei se sont engagés

dans une guerre des mots, tous deux revendiquant la souveraineté sur

l’autre pays. Les deux parties sont également opposées à tout démarche des

habitants de Taiwan en vue d’une reconnaissance officielle de

l’indépendance de l’#le.

Certaines Eglises de Taiwan, en particulier l’Eglise presbytérienne, à

laquelle adhèrent un grand nombre d’autochtones, se prononcent aujourd’hui

en faveur de l’indépendance.

Mais d’autres Eglises protestantes et la majorité des responsables

catholiques romains, qui prétendent pourtant être apolitiques, ont

longtemps soutenu les vues prônées par le parti nationaliste.

Trois groupes presbytériens de Taiwan ont publié une déclaration commune

demandant que Taiwan devienne membre des organisations internationales et

que sa souveraineté soit reconnue par toutes les nations, incluant la

Chine. Selon Asia Focus, publié à Hong-kong, cet appel a été lancé par une

cinquantaine de pasteurs et théologiens à l’issue d’une réunion à Hsinchu,

à 70 kilomètres au sud de Taipei, les 20 et 21 octobre.

(apic/eni/ )

16 novembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!