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apic/Budget Saint-Siège
Rome: Le budget du Vatican dans les chiffres noirs (101195)
329’000 dollars de bénéfice au budget 1996
Rome, 10 novembre(APIC) Pour la quatrième année consécutive, le Saint-Siège prévoit un budget légérement bénéficiaire pour 1996 (+329’000 dollars
pour des rentrées de 177 millions de dollars) rompant ainsi avec une série
de 22 budgets déficitaires entre 1970 et 1992. Le Cardinal Edmund Casimir
Szoka, Président de la Préfecture pour les Affaires économiques du SaintSiège, qui présentait ces chiffres à la presse vendredi, attribue ce redressement à une réforme, décidée en 1991, de la contribution des diocèses
au budget du Saint-Siège.
Le Cardinal Szoka souligne que certains diocèses n’offrent encore rien
alors que d’autres en terre de mission font l’effort d’apporter «une contribution symbolique en puisant dans leurs maigres ressources». Les trois
pays qui contribuent le plus au financement du Saint-Siège sont, dans l’ordre, «l’Allemagne, l’Italie et les Etats-Unis.»
Interrogé sur son salaire de Cardinal, Mgr Szoka, ancien archevêque de
Détroit (USA), n’a pas hésité à reveler qu’il recevait l’équivalent de
2’900 dollars par mois. Appelé il y a cinq ans par Jean-Paul II à Rome pour
remettre de l’ordre dans les comptes du Vatican, à la suite du scandale du
Banco Ambrosiano, cet américain d’origine polonaise, a institué un véritable contrôle de gestion à tous les niveaux du Saint-Siège, pour «mettre fin
à la confusion qui régnait alors» explique-t-il, et «introduire une véritable transparence» dont le bénéfice, d’abord financier, est de «contribuer à
restaurer, sur ce plan, l’image du Vatican qui a souffert, de facon injustifiée, de ce scandale».
Le Cardinal Szoka, qui avant de livrer ces comptes à la presse, les a
présentés, le 9 novembre au Conseil des cardinaux pour l’étude des problèmes organisationnels et économiques du Saint-Siege, a également annoncé une
année 1995 en positif, alors qu’il y a un an, il avait annoncé un budget
prévisionnel 1995 en déficit de 22’000 $. Les chiffres définitifs de 1995
ne seront cependant connus qu’en juin 1996.
Sur un plan plus général «le tout petit» résultat prévisible pour 1996
«signifie que nous avons une marge très réduite pour éviter les déficits»,
observe le Cardinal Szoka.
L’augmentation des dépenses du Saint-Siège suit de près l’inflation italienne qui reste de l’ordre de 6% par an. Le prélat précise à ce titre que
tous les salaires du Vatican ont été augmenté de 6% le 1er juillet 1995. Le
bilan prévisionnel complet, avec tous ses détails, ne sera communiqué
qu’aux responsables du Vatican et à tous les evêques du monde. «Peut-être»
à la presse a précisé le Cardinal Szoka en réponse à une question, ce qui
serait un précedent.
Quatre secteurs d’activité
Le compte rendu du 10 novembre ne donne que les résultats des quatre
grands secteurs d’activité du Saint-Siège. Le premier d’entre eux est dénommé «activité institutionnelle». Il comprend la Curie Romaine, ses Congrégations, Préfectures, Conseils Pontificaux (soit une trentaine d’organismes), les Nonciatures Apostoliques dans le monde, la Bibliothèque du Vatican. Ce premier poste rapporte un peu plus de 90 millions de dollars sur
les 177 millions de l’ensemble, soit quasiment la moitié des recettes, mais
coûte environ 150 millions de dollars.
Côté ressources, ce secteur peut compter sur les dons des diocèses, établis pour 1996 sur le résultat de 1994 soit 15,5 millions de dollars; sur
les dons des Instituts et Congrégations religieuses estimés pour 1996, comme en 1994, à environ 1,3 million de dollars; sur les dons d’Institutions,
et Fondations diverses, soit 73,2 millions de dollars (parmi ces Institutions donatrices, le cardinal Szoka a cite deux organisations américaines,
«les Chevaliers de Colomb et la Fondation Papale»); sur 50 % des bénéfices
de la Cité du Vatican (dont dépendent les célèbres Musées du Vatican et
leurs recettes), et sur un don du Pape venant intégralement de l’IOR, la
banque du Vatican (tout à fait indépendante de la comptabilité du SaintSiège).
Le second poste s’appelle «activité financière». Il prévoit un rendement
de 35,5 millions de dollars pour 1996. 1994, l’année de référence pour
l’établissement du budget 1996 n’avait donné que 19,6 millions de dollars
sur ce poste en raison de la «fluctuation des taux de changes» qui avait
marqué cette année. En outre deux autres sources nourrissent «l’activité
financière» du Saint-Siège, les rendements dûs à des «taux d’intérêts». Ils
sont attendus pour 1996, à un niveau de 8 millions de dollars. Deuxièmement, la «vente de titres et les dividendes», poste par lequel le SaintSiège escompte retirer 27,5 millions de dollars.
La troisième section de ce budget prévisionnel touche «l’activité immobilière» du Saint-Siège qui devrait lui rapporter 18,5 millions de dollars
en 1996.
La dernière section de ce budget ne génère que des dépenses, car ses recettes sont marginales. Il s’agit de Radio-Vatican, de l’Osservatore Romano, de la Librairie Editrice Vaticane, et la Typographie Polyglotte Vaticane. La charge financière prévue pour ces organismes en 1996 est de 24,8
millions de dollars avec une augmentation de 10% par an, en 1995 et 1996.
Interrogé sur la possibilité de créer un système de sponsoring pour ces activités, en particulier pour Radio Vatican, le Cardinal Szoka a répondu
qu’il n’y était pas opposé mais que Radio Vatican émettait sur ondes courtes, et dans différents pays ce qui rendait difficile la recherche de sponsors.
Le pape, par l’intermédiaire du cardinal Szoka, salue finalement «la
générosité de tous, évêques, prêtres, religieux et laics, pour l’aide
qu’ils ont apportée pour sortir le Saint-Siège de la situation déficitaire
dans laquelle il se trouvait.» Avec un brin d’optimisme, le cardinal Szoka
a conclu: «Si cette générosité continue, nous pouvons certainement espérer
et nous attendre à des bilans comparables à l’avenir.»
Il a ajouté, à l’unisson du Conseil des cardinaux pour l’étude des problèmes organisationels et économiques du Saint-Siège: «de tels résultats
vont permettre au pape de répondre toujours plus, grâce aux dons recus par
le denier de Saint-Pierre, aux nécessités pastorales et caritatives dans
les différentes parties du monde.» De fait, quand les comptes du Saint-Siège étaient dans le rouge, les recettes du denier de Saint-Pierre, collecté
une fois l’an dans les paroisses, servaient alors à combler ce déficit et
non pas aux oeuvres du pape. (apic/jmg/mp)




