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apic/Economie/ réflexion évêques flamands

Flandre: Interpellation des évêques sur l’économie (031195)

La Bible n’est pas «libérale»

Bruxelles, 3 novembre(APIC/CIP) Les évêques flamands de Belgique se demandent s’il ne convient pas d’apporter des changements fondamentaux à l’économie d’aujourd’hui. Par le biais de l’hebdomadaire paroissial «Kerk en Leven», ils estiment certes qu’il est inévitable que les chrétiens aient des

avis différents sur les choix économiques à faire dans une société en crise. Encore faut-il que la Bible et ses valeurs fondamentales restent pour

tous une source commune d’inspiration et donc d’interpellation.

Or, poursuivent les évêques de Flandre, la Bible n’est pas «libérale».

Son utopie n’est pas la concurrence parfaite, ni la société de consommation

à outrance. La réflexion des évêques appuie et prolonge une vaste concertation entre les représentants de la communauté catholique flamande sur «Les

chrétiens et l’économie». Cette concertation, menée durant deux ans au sein

du Conseil Pastoral Interdiocésain flamand (IPB), a débouché sur un document de travail, publié en livre sous le titre significatif: «Dans le monde

sans être du monde».

La Bible, insistent les évêques, prône des valeurs fondamentales pour

étendre la fraternité des hommes et bâtir un monde plus juste en cette fin

de XXe siècle. La Bible mise notamment sur l’Alliance et sur le Royaume,

comme Jésus lui-même, qui a élargi au maximum l’appel à la fraternité, tout

en se faisant témoin de l’amour préférentiel de Dieu envers les plus démunis.

Principes politiques

Pour les évêques flamands, il est légitime que les chrétiens ne tombent

pas d’accord sur les mesures économiques et politiques à prendre pour mettre ces valeurs communes en pratique. Ils recommandent néanmoins à tous les

trois principes mis en avant dans la lettre des évêques américains sur

l’économie. D’abord, promovoir «la solidarité avec les plus faibles»; ensuite, ne pas s’en tenir à la stricte justice dans les échanges, mais rechercher le «partage» et la «participation de tous à la vie sociale; enfin,

prévoir «des garanties pour les plus démunis».

Au service de l’homme

Les évêques ne nient pas que l’économie de marché ait apporté de la

prospérité. Mais, constatent-ils, le prix à payer a été une société à deux

vitesses et une détérioration sans pareil de l’environnement. La logique

matérialiste de l’économie tend à envahir tous les choix de société au détriment d’autres valeurs telles que la justice, la solidarité ou l’épanouissement culturel. (apic/cip/ba)

3 novembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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