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apic/Cardinal Paulo Arns/ 50 ans de sacerdoce

Brésil: Le cardinal Paulo Arns fête ses 50 ans de sacerdoce (041295)

Défenseur intrépide des droits de l’homme

Sao Paulo, 4décembre(APIC) Plus de 15’000 fidèles réunis ont fêté dimanche à Sao Paulo leur archevêque, le cardinal Paulo Arns qui célébrait ses

50 ans de sacerdoce. Un anniversaire qui coïncidait avec les 250 ans de la

fondation du diocèse.

Connu au Brésil et à l’étranger, comme «l’évêque des prisonniers» durant

la période de la dictature militaire, «Dom Paulo», ainsi qu’on l’appelle

familièrement, a été sensible durant toute sa trajectoire de franciscain et

d’archevêque à défendre les droits de l’homme. Ce qui lui a valu menaces,

calomnies et attentats de la part de ceux qui n’acceptaient pas ses dénonciations publiques courageuses, au nom de l’Evangile libérateur.

Le président de la République du Brésil, Fernando Henrique Cardoso, est

venu en personne féliciter dimanche le cardinal Arns pour son engagement en

faveur des droits de l’homme. Jean Paul II lui a aussi envoyé une lettre

pour se réjouir «des dons qu’il a reçus du Seigneur et qu’il a su utiliser

au service de la dignité humaine».

Une Eglise avec un pied dans l’histoire.

Lors de la célébration de dimanche, plusieurs personnes ont rappelé les

multiples interventions du cardinal Arns, non seulement durant la dictature

militaire, mais aussi dans l’actualité de 1995. C’est ainsi que Deolinda,

une femme leader du Mouvement des paysans sans terre (MST), arrêtée pour

avoir encouragé les occupations de terre, puis libérée récemment, a remercié dom Paulo de l’avoir visitée dans sa prison. Helena Pereira dos Santos,

mère d’un prisonnier politique disparu, a rappelé que le cardinal lutte encore aujourd’hui pour ceux qui disparaissent à cause de la faim et du manque de justice sociale dans le pays.

Le Père Hermann Schalück, ministre général des franciscains du monde entier, présent à Sao Paulo, a déclaré de son côté que «dom Paulo a su faire

passer sa devise épiscopale «Ex spe in Spem» (partir de l’espérance pour

garder l’espérance) dans le coeur et la vie du peuple. Aussi bien auprès de

ses nombreux diocésains que de tous ceux qui le considèrent comme un modèle

d’homme d’Eglise». (apic/em/ba)

Encadré

Né en 1921 à Forquilhinha, dans l’Etat brésilien de Santa Catarina, au

sein d’une famille de 13 enfants, le futur cardinal Arns admire dans son

adolescence le «Poverello» d’Assise. Il entre alors dans l’Ordre franciscain. Après la deuxième guerre mondiale, il poursuit des études à Paris, à

la Sorbonne.

En 1950, il partage son temps entre l’enseignement de la théologie et la

pastorale dans les favelas de Petropolis. En 1966, le pape Paul VI le nomme

évêque-auxiliaire de Sao Paulo. Il est responsable de la pastorale des prisons et entre aussi en contact avec les prisonniers politiques. A la fin de

1969, la Justice militaire lui interdit de visiter les frères dominicains

incarcérés à la prison Tiradentes. Il est nommé archevêque de Sao Paulo.

Peu de temps après, il vend le riche palais Pie XII, lieu résidentiel des

archevêques, et consacre l’argent de la vente à la construction de centres

communautaires dans les banlieues pauvres de la grande ville industrielle.

Sans demander la permission, il se présente dans les prisons pour essayer

de sauver des vies. Il accueille les familles des prionniers politiques,

s’engage dans la recherche des disparus et intervient également pour que

les nombreux enfants raptés par la dictature militaire argentine soit rendus à leur légitime famille. Sans autre arme que sa force morale, il va

trouver les chefs militaires et le général Golbéry en exigeant la fin des

tortures.

Il reçoit des menaces de mort. Sa modeste maison, dans le quartier Sumarè, est envahie par les policiers, sa correspondance violée, la radio de

l’archidiocèse «9 de Julho», et de l’archidiocèse, ainsi que le journal dicoésain «O Sao Paulo», souvent censurés.

Eloigné des réceptions mondaines, il se sent à l’aise parmi les communautés chrétiennes pauvres de la périphérie. Figure de projection internationale, Rome tente de réduire son influence, en créant quatre nouveaux

diocèses dans son territoire pastoral. On lui retire ainsi près de quatre

millions d’âmes, en invoquant la très grande population de Sao Paulo. Ce

prétexte officiel passe mal auprès de nombreux observateurs, car, dit-on au

Brésil, «pourquoi alors n’avoir pas agi de même pour New York ou la ville

de Mexico?» (apic/em/ba)

4 décembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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