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apic/Congrès FMI/Repertoire Uni de Fribourg

Rome: Les vertus du FMI selon Michel Camdessus, directeur général (011295)

«L’humanisation de l’économie passe par la rigueur et la discipline»

Présentation d’un répertoire élaboré par l’Université de Fribourg

Rome, 1erdécembre(APIC) Si on veut parvenir à une «humanisation de l’économie», il n’y a pas d’autre stratégie que «la rigueur et la discipline des

réformes structurelles», a déclaré Michel Camdessus, directeur général du

Fonds Monétaire International (FMI), dans une conférence donnée vendredi à

Rome dans le cadre de l’Institut Jacques Maritain, organisateur d’un congrès sur «L’avenir de l’économie».

Au cours de ce congrès, l’Institut Jacques Maritain a présenté un «répertoire bibliographique» qui tient en référence environ 1’500 documents

épiscopaux de l’ensemble des cinq continents sur les thèmes de l’économie.

Ce répertoire, élaboré par l’Université de Fribourg, est le fruit d’une recherche soutenue par le Fonds national suisse de la recherche scientifique.

La première phase de cette recherche s’était d’ailleurs conclue en 1993

avec le colloque tenu à l’Université de Fribourg sur le thème «Ethique,

économie et développement. L’enseignement des évêques des cinq continents».

Ce répertoire, affirme-t-on du côté de l’Université, donne de nouvelles

impulsions aux domaines évoqués par ce congrès. Les quelque 1’500 documents

ont été analysés et catalogués dans «Répertoire bilgiographique», éd. Universitaires Fribourg-éd. du Cerf, Paris.

Les vertus du FMI ont été défendues par son directeur général, Michel

Camdessus, selon qui l’interdépendance entre les pays en voie de développement et les pays industrialisés n’a jamais été aussi importante: en dix

ans, les investissements du Nord vers le sud sont passés de 9 à 105 milliards de dollars par an, alors que les aides publiques annuelles destinées

à ces pays avoisinent les 50 milliards par an. Rigueur et discipline? Comme

si les centaines de millions de pauvres de par le monde n’avaient pas déjà

«tellement donné», fait-on cependant remarquer dans les milieux caritatifs.

Si la «bonne évolution» des pays en voie de développement a permis à

l’économie générale de se maintenir pendant la dernière récession (19911992), il faut reconnaître, a ajouté le directeur du FMI, que les investisseurs du nord «semblent privilégier les Etats qui donnent l’impression de

pouvoir avancer par leur propre force tandis que les autres sont abandonnés

à leur propre destin».

Prenant à son tour la parole, le cardinal Roger Etchegaray, président

des Conseils pontificaux «Justice et Paix» et «Cor Unum», a estimé que

l’Eglise doit, compte tenu de ces évolutions, revoir son approche du monde

de l’économie. «Ce qui manque a l’Eglise, a-t-il déclaré, ce n’est pas la

voix mais les jambes.» Et de saluer «le courage de la cohorte obscure des

évêques qui, dans les pays les plus pauvres, prennent la parole pour dénoncer les injustices économiques». (apic/jmg/pr)

1 décembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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