Le texte contient 40 lignes (max. 75 signes), 405 mots et 2739 signes.

apic/Afrique du Sud/Tutu(Commission d’enquête

Afrique du Sud: Desmond Tutu nommé à la commission d’enquête (011295)

A la tête de la commission gouvernementale de vérité et de réconciliation

Johannesbourg, 1erdécembre(APIC) Le président Nelson Mandela a nommé Desmond Tutu, archevêque anglican du Cap, à la tête de la Commission de vérité

et de réconciliation (17 membres) qui enquêtera sur les atrocités commises

durant le régime de l’apartheid.

L’archevêque Tutu a d’emblée déclaré que les travaux de la Commission ne

seront pas axés sur les représailles et le châtiment.

«L’Afrique du Sud ne peut se permettre une situation semblable à celle

de Nuremberg», a-t-il dit, faisant référence au procès de Nuremberg intenté, après la deuxième guerre mondiale, contre 24 dirigeants nazis accusés

de crimes contre l’humanité.

Dans une déclaration publiée le 29 novembre après-midi, le professeur

Jakes Gerwel, secrétaire de cabinet, précise: «La nomination des membres de

la commission marque une étape importante dans ce processus historique qui

nous permettra de comprendre notre passé, un processus de réconciliation et

de reconstruction de cette société – qui fut profondément divisée et déchirée par les conflits – qui aspire aujourd’hui à un avenir fondé sur la reconnaissance des droits de la personne, de la démocratie et de la coexistence pacifique de tous ses citoyens».

Dullah Omar, ministre de la Justice, avait auparavant déclaré que la

commission allait devoir se pencher sur «environ un millier de cas de violations flagrantes des droits de la personne».

La tâche de la commission est d’enquêter sur les violations des droits

de la personne perpétrés et par l’ancien régime de l’apartheid et par les

membres des mouvements de libération, notamment les assassinats, les enlèvements et les massacres d’opposants politiques. La Commission enquêtera

aussi sur les disparitions des militants anti-apartheid et les morts en

prison de détenus.

Elle aura le pouvoir d’accorder l’amnistie à ceux qui confesseront volontairement les crimes et les violations des droits commis pour motifs politiques.

Toutefois, a précisé Dullah Omar, ceux qui veulent obtenir l’amnistie

devront dévoiler toute la vérité, et non juste faire une confession, pour

que leur demande soit prise en considération.

Des responsables des forces de sécurité du régime de l’apartheid sont

opposés à la mise en place de cette commission, déclarant que celle-ci va

attiser à nouveau la vengeance et la violence du passé et ne conduira pas à

la réconciliation de la nation.

En plus de l’archevêque Tutu, la commission compte quatre autres responsables religieux, des juristes, des militants des droits de la personne,

un psychologue et un assistant social. (apic/eni/pr)

1 décembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!