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Les protestants nicaraguayens et la visite du pape en Amérique centrale
Lettre en préparation destinée à Jean Paul II (250196)
Managua, 25janvier(APIC) A la veille de la visite du pape Jean-Paul II en
Amérique centrale, plusieurs responsables protestants nicaraguayens s’apprêtent à publier une lettre destinée au pape, afin d’exposer la situation
socio-politique du Nicaragua. Une lettre qu’ils estiment d’autant plus nécessaire que leur nom à été cité à maintes reprises dans des attentats contre des églises catholiques.
Selon le théologien et pasteur méthodiste Ruben Pack, des délégués de
différentes Eglises – notamment les Eglises baptistes et luthériennes – ont
promis de s’associer à cette initiative de lettre. Le pasteur Pack représentera l’Eglise méthodiste, et la participation du pasteur Norman Bent, de
l’Eglise morave (la plus importante parmi les minorités ethniques de la côte atlantique), semble se confirmer.
Comme l’explique le pasteur Pack, un aspect central de cette lettre «sera d’expliquer au pape Jean-Paul II la situation de pauvreté, de marginalisation et de polarisation sociale engendrée au Nicaragua et en Amérique
centrale par la politique actuelle d’ajustement structurel».
Il faut rappeler, explique le pasteur méthodiste à l’Agence oecuménique
ENI, que lors du voyage antérieur de 1983, certains avaient tenté de présenter les protestants comme «opposés à la visite du pape». Et, durant ces
derniers mois, on a souvent cherché à impliquer, sans fondement, les protestants dans des attentats perpétrés contre les catholiques.
Le pape Jean-Paul II arrivera en Amérique centrale le 8 février. Il fera
sa première escale au Salvador. Le jour suivant, il se rendra au Guatemala,
pour arriver le 7 février au Nicaragua, où il restera environ 10 heures.
Un débat s’est ouvert à Managua, qui porte sur l’eucharistie que célébrera le pape. Comme le signale la presse locale, un nombre restreint de
personnes ont été choisies pour participer à cette eucharistie. Parmi elles, figurerait l’ancien maire de Managua Arnoldo Aleman, politicien de la
droite conservatrice, qui espère remporter les élections d’octobre 1996.
Les détails de ce voyage sont largement couverts depuis des semaines par
la presse centraméricaine qui souligne la décision de Jean-Paul II de maintenir ce programme, malgré les problèmes de santé qui l’ont affecté entre
Noël et Nouvel An.
Même si, durant ces dernières années, les Eglises protestantes ont vu le
nombre de leurs fidèles augmenter, l’Eglise catholique reste majoritaire en
Amérique centrale, où elle représente 70% de la population. La précédente
visite du pape au Nicaragua, en 1983, avait créé une vive tension dans
l’Eglise catholique entre les groupes les plus conservateurs, conduits par
le cardinal Miguel Obando y Bravo, et les secteurs progressistes organisés
au sein des communautés de base. (apic/eni/pr)




