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Tübingen: Hans Küng se retire de l’enseignement (190196)

Le théologien critique suisse quitte sa chaire après 36 ans

Tübingen, 19janvier(APIC) Le théologien catholique suisse Hans Küng se

retire de l’enseignement. Il donnera lundi son dernier cours magistral dans

le fameux auditoire 25 de l’Université de Tübingen, en Allemagne. Hans Küng

qui fêtera ses 68 ans à mi-mars, l’âge de la retraite pour les professeurs

en Allemagne, y enseigne depuis 36 ans, malgré le retrait par le Vatican en

1979 de la mission canonique l’autorisant à professer la théologie catholique.

En quittant sa chaire universitaire, Hans Küng, qui s’est construit une

réputation largement au-delà du monde catholique, n’entend pas quitter la

scène publique mais se consacrer encore davantage à la recherche scientifique. Son projet de «Fondation pour l’éthique mondiale» pour lequel l’industriel allemand Karl Konrad von der Groeben a mis cinq millions de marks à

disposition lui tient particulièrement à coeur.

Ordonné prêtre en 1954, le Lucernois Hans Küng a poursuivi ses études à

la Sorbonne et à l’Insitut catholique de Paris où il obtient son doctorat

en 1957. Nommé professeur à Tübingen en 1960, après deux ans de ministère à

Lucerne, Hans Küng est déjà un théologien connu bien avant «l’affaire Küng»

qui marquera profondément l’Eglise à la fin des années 70. En 1962, le pape

Jean XXIII l’appelle comme consulteur au Concile Vatican II.

Sanctionné par le Vatican en 1979

Hans Küng qui déploie une intense activité éditoriale – il est l’auteur

de plusieurs dizaines d’ouvrages – entre en conflit avec Rome au début des

années 70. Après des années de controverses portant sur l’infaillibilté du

pape et sur le rôle du théologien dans l’Eglise, mais aussi sur des questions christologiques, le Vatican lui retire en 1979 la permission d’enseigner.

En détachant de la Faculté de théologie l’Institut d’études oecuméniques

qu’il dirige depuis 1964, Hans Küng peut cependant maintenir ses activités

de recherches et d’enseignement à l’Université de Tübingen avec un nombre

d’étudiants toujours croissant. Lors du dernier semestre, ils ont été des

milliers à venir l’écouter, remplissant non seulement le plus grand auditoire de l’Université, mais aussi une autre salle dans laquelle le cours

était retransmis.

Durant les dernières années, Hans Küng, qui a conservé tout son esprit

critique, s’est particulièrement intéressé à l’oecuménisme et au dialogue

interreligieux. Il travaille à la définition de normes éthiques, politiques

et culturelles valables au-delà des frontières religieuses. Il s’agit en

dernier ressort de l’avenir de l’humanité, explique-t-il.

Réhabilitation avant sa mort?

Si le dialogue entre Küng et la hiérarchie catholique est aujourd’hui

rouvert, l’idée de sa réhabilitation que certains milieux souhaitent depuis

quelques années n’a pas beaucoup avancé. La rencontre prévue avec le président de la Conférence épiscopale allemande a été régulièrement ajournée.

Ses prises de position très critiques à l’égard des derniers documents pontificaux ainsi que le soutien accordée aux «Pétitions du peuple de Dieu»

n’ont pas apaisé le climat. Le retrait de la «mission canonica» en 1979

n’est plus une blessure brûlante, mais la douleur persiste, note Hans Küng.

«La mise à l’écart de la Faculté reste une expérience pénible et une injustice qui demande réparation. Je l’espère encore de mon vivant. Je suis

étonné que rien ne soit entrepris officiellement ni par l’Eglise ni par la

Faculté», conclut-il. (apic/kna/mp)

19 janvier 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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