Bruxelles : commémoration protestante du 450e anniversaire de la mort de

CIP/BRUXELLES/450 ANS APRES LUTHER/

Martin Luther =

Bruxelles, 19 février 1996 (CIP)

A l’initiative de la Faculté Universitaire de Théologie Protestante de

Bruxelles et de la communauté protestante locale , une séance

académique a commémoré, le 17 février, le 450e anniversaire de la mort de

Martin Luther, qui fut au XVIe siècle l’initiateur de la Réforme ou

.

Cette séance a permis de retracer les grandes dates de la vie de Martin

Luther, d’évoquer la présence du luthéranisme en Belgique et de redécouvrir

aussi l’actualité de plusieurs intuitions fortes du réformateur allemand.

Le réformateur et son époque

Les historiens s’accordent aujourd’hui pour reconnaître dans le parcours de

Martin Luther le cheminement d’une salutaire protestation pour réformer

l’Eglise et la recentrer sur l’essentiel, comme l’a rappelé la séance

commémorative le professeur Willy Willems, recteur de la Faculté de

Théologie Protestante. L’aspiration majeure de Luther ne procède d’ailleurs

pas de la volonté de bâtir un mouvement de . (Rm 3,28). Luther cesse de redouter Dieu : il lui fait confiance.

Protestation au nom de l’Evangile

En 1517, le théologien Luther va prendre publiquement position et mettre en

cause certaines pratiques ecclésiales de l’époque. Des religieux vendent

près de Wittenberg des pour le compte de l’archevêque de

Mayence et pour l’achèvement de la basilique St-Pierre à Rome. Acquérir une

indulgence, dit-on, c’est obtenir rémission pour des peines temporelles

dues aux péchés. Ce scandalise Luther. On prête même au Dominicain

Tetzel cette sentence :

Le 31 octobre 1517, Luther affiche à Wittenberg 95 thèses, critiquant les

indulgences et diverses pratiques. Ces thèses sont un appel à un débat

public entre experts. Mais le débat n’a pas lieu. Les positions de Luther,

bientôt imprimées, se diffusent à travers toute l’Allemagne. Les autorités

religieuses somment Luther de revenir sur ses affirmations. Lui, fort de la

protection du duc de Saxe, Frédéric le Sage, relativise l’autorité du pape

et des conciles. Trois écrits de 1520 exposent son point de vue: l’Ecriture

seule fait autorité et confère à tout chrétien une liberté fondamentale.

En juin 1520, le pape Léon X, par la bulle , condamne une

quarantaine de propositions de Luther. Le 10 décembre, Luther la brûle. En

janvier 1521, il est excommunié. La même année, l’empereur Charles-Quint le

convoque à Worms devant la Diète qui réunit les princes de l’empire. Luther

refusant de se rétracter, l’édit de Worms le met au ban de l’empire. Il

trouve refuge auprès de Frédéric le Sage, au château de Wartburg. Il y

reste un an, sous un nom d’emprunt. Et il s’emploie d’arrache pied à

traduire en allemand le Nouveau Testament, dont la diffusion en livre

imprimé va ouvrir pour tous l’accès direct à l’Ecriture sainte, contribuant

de surcroît à l’alphabétisation et à l’éducation du peuple.

En 1522, sorti de sa retraite, Luther réorganise le culte autour de la

prédication centrée sur l’Ecriture sainte, la sainte Cène, le chant choral.

Alors que l’Allemagne se divise pour ou contre lui, Luther craint que ses

idées ne soient détournées. Thomas Müntzer en a tiré parti pour mobiliser

les paysans dans leur révolte de 1524-1525 contre les seigneurs. Ne

parvenant pas à calmer les esprits, Luther finit par inviter la noblesse à

faire front .

Renonçant à vivre en moine, Luther se marie en 1525. En 1529, il publie un

puis un . Il consacre le dernières

années de sa vie à la prédication et à la consolidation des communautés qui

adhèrent après 1530 à la

20 février 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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