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Vatican:Le cardinal Etchegaray en visite à Timor-Est (200296)

Il rencontrera également les autorités indonésiennes

Rome, 20février(APIC) Pour la première fois depuis la visite de Jean Paul

II en octobre 1989 dans l’ex-colonie portugaise occupée depuis 1975 par

l’Indonésie, un haut responsable du Vatican se rendra au Timor oriental. Le

cardinal Roger Etchegaray, président du Conseil pontifical Justice et Paix,

a en effet quitté Rome mardi à destination de Djakarta, d’où il se rendra

dans les prochains jours dans le diocèse de Dili, au Timor oriental.

La visite, de caractère pastoral, a lieu à l’invitation de l’administrateur apostolique de Dili, Mgr Carlos Felipe Ximenes Belo. Durant son séjour

à Timor Est, le cardinal Etchegaray aura des contacts avec divers représentants des communautés ecclésiale et civile. Lors de son escale à Djakarta,

il rencontrera également les autorités indonésiennes. Le cardinal français

est accompagné dans de voyage de son plus proche collaborateur, Mgr Diarmuid Martin, secrétaire du Conseil Justice et Paix.

Plusieurs interventions de Jean-Paul II

En visitant l’Indonésie en 1989, le pape s’était rendu à Dili, capitale

de Timor Est. A son arrivée à Dili, il n’avait pas embrassé le sol, comme

il le fait pour tout nouveau pays visité. La messe célébrée à Dili avait

été perturbée par des manifestants indépendantistes qui furent appréhendés

par les forces de sécurité, puis torturés. Le front de libération FRETILIN

avait dénoncé la manipulation de cette visite pastorale par les Indonésiens.

Recevant en juin dernier le nouvel ambassadeur d’Indonésie près le

Saint-Siège, Jean Paul II n’a cependant pas manqué de réclamer des mesures

pour garantir le respect des droits humains et pour protéger et promouvoir

les valeurs religieuses et culturelles du peuple timorais.

Dans le tour d’horizon qu’il avait fait en début d’année devant le corps

diplomatique accrédité au Vatican à l’occasion du Nouvel An, le pape avait

encore signalé que les habitants du Timor-Oriental «attendent toujours des

propositions susceptibles de permettre la réalisation de leurs légitimes

aspirations à voir reconnaître leur spécificité culturelle et religieuse».

Il y est revenu pas plus tard que ce lundi 19 février en recevant le nouvel

ambassadeur du Portugal, souhaitant que son pays persévère dans sa médiation pour consolider «le dialogue entamé» à Timor.

20 années d’occupation

Depuis 1975, l’Indonésie occupe Timor-Est, une ancienne colonie portugaise qu’elle a annexée au mépris du droit international. Elle ne s’y est

maintenue que par la répression, exercée par une véritable armée d’occupation. Depuis le début du combat indépendantiste du FRETILIN, un quart des

quelque 800.000 habitants (dont 650.000 catholiques) de l’île n’a pas survécu aux conséquences de la guerre et de la pauvreté. L’ONU n’a jamais reconnu la mainmise de l’Indonésie, qui a entrepris sur le territoire de Timor Est une politique d’intégration (et notamment d’islamisation). Les Timorais réclament depuis des années un référendum pour décider de leur avenir. C’est aussi ce que demande l’ONU.

En Indonésie également, certains commencent à se demander si la petite

île de 18.989 km2 vaut bien le prix qu’elle fait payer à la gigantesque Indonésie (près de 2 millions de km2 et 200 millions d’habitants), qui en a

assez qu’on revienne régulièrement sur le cas de Timor-Est dans les conférences internationales. (apic/cip/jmg/be)

20 février 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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