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apic/Opus Dei/Réaction archevêque de San Salvador
Pourquoi opposer Mgr Saenz à Mgr Romero, s’insurge à Bruxelles l’Opus Dei
Le successeur de Mgr Romero dans le collimateur des médias? Des raisons?
San Salvador/Bruxelles, 16février(APIC) Mgr Saenz Lacalle, archevêque de
San Salvador, est-il dans le collimateur de certains médias et groupes
d’Eglise? Le fait est qu’il est souvent présenté en opposition avec Mgr Romero, son prédecesseur assassiné par les militaires en 1980 pendant la messe qu’il présidait. Au sein de la prélature de l’Opus Dei, on s’étonne certaines attaques.
Plusieurs éléments ne plaident pas en faveur de Mgr Saenz, à commencer
par son appartenance à l’Opus Dei. Le gouvernement et les milieux conservateurs du Salvador ne lui ont pas non plus rendu service lors de sa nomination, en saluant bruyamment un prélat qui «se consacrera à sa tâche pastorale sans abuser de sa position, comme l’ont fait ses deux prédécesseurs
en faisant de la politique». Certaines de ses décisions ont été mal reçues.
Ses détracteurs reprochent ainsi à Mgr Saenz d’avoir, à peine nommé sur
le siège de San Salvador, écarté de son poste le directeur de l’hebdomadaire diocésain «Orientacion», qui a depuis changé de ton. Deux jours avant la
récente visite du pape dans le pays, il a démis de leurs fonctions, sans
fournir d’explications, le directeur du séminaire diocésain, un théologien
de la libération, et deux autres prêtres de la direction. En octobre dernier, l’archevêque a toutefois créé la une certaine «surprise» en se déclarant favorable à une enquête sur la disparition de 8’000 personnes pendant
la guerre civile, suggérant à certains qu’il pourrait suivre le chemin de
Romero, nommé pour son conservatisme, mais qui avait pris peu à peu conscience de la tragédie de son pays.
L’amitié de Mgr Romero
Pour S. Seminckx, directeur du bureau d’information de l’Opus Dei en
Belgique, la sollicitude de Mgr Saenz Lacalle pour les plus démunis est
loin d’être une nouveauté. Il en a été le témoin lors d’un séjour qu’il a
effectué en 1993 à Santa Ana, où Mgr Saenz était à l’époque évêque auxiliaire. «En sa qualité de vice-recteur de l’université locale, a-t-il déclaré à l’agence CIP, à Bruxelles, Mgr Saenz a mis sur pied un grand nombre
d’initiatives à l’intention des plus démunis. Dénoncer certaines formes de
la théologie de la libération ne signifie pas pour autant qu’on se désintéresse de l’option préférentielle pour les pauvres».
S. Seminckx, qui ne dit rien sur les principaux griefs reprochés à Mgr
Saenz, s’insurge contre les amalgames, par exemple quand certains médias
présentent Mgr Saenz comme «agent de liaison entre le Vatican et les forces
armées salvadoriennes, responsables de la majorité des 75’000 morts laissés
par les douze ans de guerre, un «travelling» qui suggère qu’il a les mains
pleines de sang». Outre le fait que Mgr Saenz a été nommé évêque aux armées
plus d’un an après la signature des accords de paix, le responsable du bureau de l’Opus Dei observe que cette fonction est loin d’être enviable,
«surtout au Salvador» (son prédécesseur a été assassiné), et que, du reste,
selon lui, «nulle part dans le monde elle n’est le signe d’un attachement
particulier au régime en place».
S. Seminckx s’étonne enfin que l’on puisse voir dans la nomination de
Mgr Saenz un coup d’arrêt au travail accompli par Mgr Romero, alors qu’ils
étaient, dit-il, «d’excellents amis». Il précise: «Mgr Romero a passé les
dernières heures de sa vie en compagnie de Mgr Saenz, qui était alors à la
tête de l’Opus Dei au Salvador. En outre, Mgr Romero a été l’un des
nombreux évêques qui ont demandé au pape l’ouverture du procès de
canonisation de Mgr Escriva, fondateur de l’Opus Dei, dans une lettre très
élogieuse pour cette institution. Dans cette même lettre, Oscar Romero
affirme qu’il a confié sa direction spirituelle à un prêtre de l’Opus Dei.
Selon un récent article paru en Espagne, ce prêtre n’était autre que Mgr
Saenz…» (apic/cip/pr)




