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La JOC Internationale rafraîchit sa «Déclaration de principes» (240396)

Le 75e anniversaire de la JOC sera célébré en Belgique en l’an 2000

Bruxelles, 24mars(APIC) Dignité, responsabilité, autonomie, recherche de

sens, ouverture: ce sont quelques mots-clés de la «Déclaration de principes» révisée de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC), présentée vendredi à

Bruxelles par la nouvelle équipe internationale. L’occasion d’expliquer

aussi les grandes lignes d’un plan d’action international à la veille du

75e anniversaire de la JOC – fondée en Belgique en 1925 par Mgr Cardijn -,

qui sera célébré à Bruxelles en l’an 2000.

Aujourd’hui comme au temps de Cardijn, «les jeunes travailleurs valent

plus que tout l’or du monde». Aujourd’hui comme hier, ils sont «confrontés

aux contradictions du capitalisme» et «aspirent à une société nouvelle».

Aujourd’hui comme au moment de sa naissance, «la JOC croit en la capacité

de chaque jeune travailleur de découvrir son importance et sa dignité, de

réfléchir à toutes les questions qui le concernent, de décider des domaines

où il veut s’engager», affirme la «Déclaration de principes» adoptée à la

quasi unanimité au Conseil International tenu en novembre-décembre derniers

en Afrique du Sud.

Un nouveau plan d’action

Le plan d’action international adopté par la JOC Internationale (JOCI)

pour les quatre années à venir donne la priorité à l’action et à la formation. Une attention tout spéciale sera portée également à l’implantation de

la JOC dans de nouveaux pays et à sa présence dans de nouveaux secteurs.

C’est ainsi que la «Déclaration de principes», à propos de la caractéristique ouvrière, inclut, à côté des jeunes travailleurs et travailleuses,

«les jeunes appartenant à la classe ouvrière, aux opprimés et aux exclus»,

notamment les chômeurs, ceux qui se tournent vers le secteur informel pour

gagner leur vie et ceux qui étudient «en vue d’un travail futur».

La JOC prépare aussi quelques grands événements. Une grande célébration

est prévue en 1997 pour le 40e anniversaire de la JOCI. Suivra, en l’an

2000, celle du 75e anniversaire de la naissance de la JOC, à l’occasion duquel la Belgique accueillera le prochain Conseil international.

Une nouvelle équipe internationale

La nouvelle équipe du secrétariat internationale de la JOCI est présidée

désormais par un Brésilien de 32 ans, Helio Alves, marié et père de trois

enfants, qui succède à Moses Cloete (Afrique du Sud). Gilberto Ferreira da

Costa (Brésil), secrétaire général, cède la place à Dominador Rey Olavere

(Philippines), tandis que le trésorier international est John Magri (Australie). Pierre Perrard (France) a été confirmé par l’équipe internationale comme aumônier (»collaborateur adulte prêtre») pour un mandat de deux

ans.

La nouvelle «Déclaration de principes» est une actualisation de celle

adoptée au Conseil international de 1975, révisée en 1987 et confirmée en

1991.

Par rapport à la «Déclaration de principes» de 1974, le nouveau document

continue de désigner «les contradictions du capitalisme», tandis que les

allusions au marxisme sont plus discrètes; la référence à la recherche de

sens est plus forte, celle-ci étant définie comme «dimension essentielle de

toute personne»; «découvrir le sens profond de (sa) vie» est même signalé

comme le premier objectif fondamental de la JOC.

Dans la partie consacrée à la «caractéristique chrétienne» du mouvement,

l’accent est mis sur la dignité intangible de toute personne, ainsi que sur

l’ouverture de la JOC aux jeunes travailleurs de tous pays, de toutes cultures et de toutes croyances pourvu qu’ils veuillent découvrir le sens de

leur vie et vivre «les valeurs de justice, de liberté, de solidarité, de

libération, de générosité et de sincérité».

La JOCI et la CIJOC

La partie du document révisé consacré à la «caractéristique chrétienne»

revêt d’autant plus d’importance que celle-ci est un sujet de polémique entre la JOCI et la CIJOC (Coordination internationale de la JOC), née d’une

scission intervenue en 1986, au lendemain du Conseil international de Linz,

où avait été adoptée la précédente «Déclaration de principes». La CIJOC,

créée par la France et par quelques autres mouvements européens, a aussitôt

été reconnue par le Saint-Siège, qui a cessé de reconnaître la JOCI comme

Organisation Catholique Internationale.

Malgré plusieurs tentatives de conciliation, les choses en sont restées

là. La JOCI a toujours invité la CIJOC à ses Conseil internationaux, mais

ses invitations n’ont jamais été honorées. La CIJOC, en revanche, n’a jamais invité la JOCI.

Pour la JOCI, la caractéristique chrétienne du mouvement se traduit déjà

dans sa volonté d’affirmer la dignité intangible de tout homme et d’oeuvrer

de concert avec tous ceux qui travaillent à la défendre, et non d’abord

dans l’évangélisation – «refaire chrétienne la société», disait l’Action

Catholique, dont le projet de «reconquête» a largement échoué. C’est particulièrement vrai dans des pays où le Bouddhisme ou l’Islam sont omniprésents, et même chez beaucoup de jeunes des milieux populaires en Europe.

«La JOC n’est pas un mouvement d’Eglise, mais un mouvement dans l’Eglise»,

commente un membre de l’équipe internationale. Il ajoute: «Nous n’avons pas

peur de l’Eglise. Mais peut-être l’Eglise a-t-elle peur de nous ?»

La JOCI, présente dans 61 pays (la CIJOC est moins bien représentée à

travers le monde), s’accommode fort bien de son nouveau statut d’associé à

la Conférence des Organisations Internationales catholiques (OIC). Elle a

envoyé sa nouvelle «Déclaration de principes» à Rome et à la CIJOC et

attend sereinement aujourd’hui leurs réponses éventuelles. D’autant plus

sereinement que, au sein de certains mouvements nationaux membres de la

CIJOC, on perçoit des signes de lassitude et un désir de rapprochement.

(apic/cip/pr(

24 mars 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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