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apic/Sida/Cause d’annulation de mariage?/casuistique/Droit canon
Italie:Le sida, motif d’annulation de (180396)
mariage devant un tribunal ecclésiastique ?
Les associations italiennes de lutte contre le sida montent au créneau
Rome, 18mars(APIC) Le sida, motif d’annulation de mariage devant un tribunal ecclésiastique ? C’est en tout cas la position qu’a défendue un canoniste italien, Massimo Mingardi, dans un discours prononcé devant les membres du tribunal ecclésiastique d’Emilie-Romagne pour l’ouverture de l’année judiciaire ecclésiastique. Les associations italiennes de lutte contre
le sida n’ont guère apprécié, parlant de «discrimination» et d’exclusion
supplémentaire à l’encontre des malades du sida.
Cette position de Massimo Mingardi, un prêtre du diocèse de Bologne qui
prépare une thèse de doctorat en droit canon à Rome, a été publiée dans la
revue de prêtres «Settimana» puis reprise dans la presse italienne. Selon
le Père Mingardi, le problème se pose quand l’un ou les deux conjoints sont
victimes de la maladie, ou sont pour le moins séropositifs, donc contagieux.
Cette situation, passée au crible de la casuistique du droit canon, recoupe plusieurs raisons classiques d’annulation, estime le canoniste: le
fait de cacher une maladie; simuler le désir d’avoir des enfants mais les
refuser de fait; soumettre son acceptation du mariage à la parfaite santé
de l’autre; l’erreur sur la qualité de la personne dont on ne connaît pas
la maladie. Le Père Mingardi ajoute une possible cinquième raison: l’impossibilité d’accomplir les devoirs conjugaux prévus par le lien matrimonial.
Une exclusion de plus contre les personnes malades du sida
Le document du Père Mingardi a suscité une vive réaction de la part des
associations italiennes de lutte contre le sida. Elles considèrent dans
leur ensemble qu’une telle attitude représente une exclusion de plus contre
les personnes atteintes de cette maladie, «une volonté discriminatoire», a
même observé Giovanni Rezza, président de la Commission de la Lutte contre
le Sida. Aucun commentaire par contre du côté du tribunal de la «Rote Romaine», où la discrétion est d’une rigueur absolue.
La «Rote» est le tribunal de seconde instance vers qui remontent toutes
les causes difficiles non jugées dans les tribunaux diocésains. Ses jugements font office de jurisprudence dans l’Eglise.
Le Père Angelo Urru, doyen de la Faculté de Droit canonique de l’Université pontificale St-Thomas d’Aquin (l’»Angelicum») à Rome, relève pour sa
part que les tribunaux ecclésiastiques se trouvent de plus en plus fréquemment saisis pour des demandes de nullité motivées par des problèmes de sida. (apic/jmg/be)




