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apic/Croatie/Appel au retour/Clergé serbe orthodoxe/Critiques réfutées

Croatie:Les évêques catholiques lancent (170396)

un appel au retour du clergé serbe orthodoxe

Sévères attaques contre l’attitude de l’Eglise croate

face aux crimes commis contre les Serbes de la Krajina

Zagreb, 17mars(APIC) Les évêques catholiques croates ont lancé un appel

au retour des membres du clergé serbe orthodoxe qui ont fui la Croatie en

raison de la tourmente politique et militaire qui a déchiré la région. Dans

une déclaration publiée à l’issue de son assemblée plénière, qui vient de

s’achever à Zagreb, la Conférence des évêques de Croatie a également souligné le droit pour tous les réfugiés de Bosnie de retrouver leur foyer.

Présidée par le cardinal Franjo Kuharic, archevêque de Zagreb, l’assemblée a également exprimé son inquiétude sur le sort des fidèles catholiques

dans la partie de la Bosnie-Herzégovine attribuée aux Serbes par les accords de paix de Dayton. L’assemblée a reçu des informations de première

main sur la situation des catholiques de Bosnie, notamment dans la «Republika Srpska», par l’évêque de Banja Luka, Mgr Franjo Komarica, et par le

cardinal Vinko Puljic, archevêque de Sarajevo.

Les évêques croates ont également recommandé un mouvement de prière générale pour la réintégration pacifique des territoires de Slavonie orientale encore occupés par les Serbes. Dans le cadre du projet de loi pour les

dédommagements et la restitution des biens nationalisés sous le régime

communiste, la Conférence des évêques de Croatie souhaite que l’Eglise soit

traitée de la même façon que tous les autres anciens propriétaires dont les

biens ont été confisqués.

La «capitulation morale» de l’Eglise lors de l’»Opération Oluja»

La Conférence des évêques a également réfuté les sévères attaques du Comité croate d’Helsinki pour les droits de l’homme accusant la direction de

l’Eglise catholique de Croatie de n’avoir pas réagi assez tôt et de manière

adéquate à l’occasion de la reconquête de la Krajina. Lors de l’»Opération

Oluja», saluée au départ par les responsables catholiques croates comme une

«guerre juste» et une «guerre propre», de nombreux crimes ont été commis

contre des populations civiles serbes par des éléments armés croates. Selon

certaines source, il y aurait eu des centaines, voire des milliers d’assassinats, ainsi que des villages totalement incendiés.

Dans une interview accordée au début du mois à «Gazeta Wyborcza», le

plus grand quotidien polonais, Ivan Zvonimir Cicak, président du Comité

croate d’Helsinki, a mis en cause le cardinal Kuharic et l’hebdomadaire de

la Conférence épiscopale croate «Glas Koncila». Il a laissé entendre qu’ils

ont cherché à couvrir les crimes commis par les forces croates lors de

l’»Opération Oluja», ce qu’il qualifie «d’une des plus sérieuses capitulations morales (de l’Eglise croate) depuis la seconde guerre mondiale».

Les responsables catholiques croates, dans une prise de position, nient

avoir fait preuve de triomphalisme au début de la reconquête militaire de

la Krajina, reconnaissant toutefois, après les premiers rapports en provenance des «territoires libérés», avoir exprimé une «certaine satisfaction»

que cette opération militaire était conduite dans une grande mesure de façon à éviter les actes de violence contre les civils et les prisonniers.

Mais, précisent les responsables religieux croates, dès les premières nouvelles concernant les graves crimes commis contre des civils serbes, les

dirigeants de l’Eglise croate sont intervenus, condamnant sans équivoque

toute purification ethnique, même quand elle a touché les Serbes de Croatie. (apic/ika/kap/be)

17 mars 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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