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apic/Caractère sacré du dimanche/Eglises/Syndicats/Même combat
Suisse:Syndicats et Eglises(080396)
unis dans la défense du dimanche
En préserver la signification familiale, sociale, culturelle et spirituelle
Berne, 8mars(APIC) Eglises et syndicats suisses montent aux barricades
face aux menaces qui pèsent sur le dimanche: il s’agit d’en préserver la
signification fondamentale, tant au niveau familial, social, culturel que
spirituel. Ce caractère particulier du dimanche – les Eglises parlent de
sanctification – est menacé par les dernières modifications apportées par
le Conseil national à la Loi sur le travail.
Les deux centrales syndicales – USS et CSC – vont très prochainement
lancer le référendum contre la Loi sur le travail que le Conseil national a
mise sous toit mercredi. La nouvelle loi supprime toute compensation, que
ce soit en temps ou en argent, pour le travail de nuit; elle donne aussi la
possibilité d’employer, dans le commerce de détail, les travailleuses et
les travailleurs six dimanches par an sans autorisation. Et dans ce cas là
également sans compensations particulières.
Interrogée par l’APIC, la Confédération des Syndicats chrétiens (CSC)
considère qu’il s’agit là d’une «oeuvre de démantèlement social» dont les
victimes toutes désignées sont les travailleurs les plus défavorisés, en
particulier les femmes. Cette décision, pour la CSC, fait une «terrible
brèche» dans le principe de l’interdiction du travail du dimanche qui prévaut dans le droit actuel. Les Eglises pour leur part se déclarent prêtes à
monter au front pour défendre le caractère sacré du dimanche.
«Une dérive terrible»
Aujourd’hui, on est obligé de constater «une dérive terrible» quand on
voit à quel point l’homme est soumis à l’économie, déplore Mgr Henri Salina, président de la Conférence des évêques suisses (CES). La CES, qui en
principe ne soutient de façon directe ni référendums ni initiatives populaires, salue vivement le fait que les syndicats prennent comme elle la défense du dimanche. Mais la CES n’ira pas jusqu’à récolter des signatures ou
organiser des manifestations pour ce référendum, souligne le Père Roland-B.
Trauffer, secrétaire de la CES. Elle fera un travail de conscientisation
sur les enjeux de cette évolution, considérée plutôt comme une «régression».
Le P. Trauffer précise que dans cette affaire, des valeurs fondamentales
sont en jeu:l’Eglise tient, pour sauvegarder la vie familiale, sociale,
communautaire et religieuse, à ce que le dimanche garde son caractère particulier. «L’homme n’est pas seulement l’objet de l’économie, il ne peut
pas être défini seulement par le travail…» La CSC est du même avis, pour
qui l’interdiction du travail du dimanche «protège l’être humain des exigences totalitaires du travail».
De son côté, la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS)
n’a pas encore pris de position officielle sur les modifications apportées
à la Loi sur le travail. Son porte-parole, Andreas Hostettler, a cependant
souligné vendredi que l’Institut d’éthique sociale de la FEPS s’était déjà
prononcé sur la protection du caractère particulier du dimanche et que les
Eglises protestantes partagent cette position. (apic/be)




