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Rome: Des évêques colombiens reçus par le pape (300496)
Jean-Paul II invite les évêques de ce pays
à l’audace de la «Nouvelle Evangélisation»
Rome, 30avril(APIC) La crise que traverse la Colombie est «une occasion
privilégiée» d’affirmer les valeurs chrétiennes, a déclaré le pape aux évêques des provinces ecclésiastiques de Bogota, d’Ibague et de Tunja (quinze
diocèses), en visite ad limina. Le pape leur a aussi demandé de redoubler
d’efforts face au «douloureux problème de la désintégration de la famille»
dans leur pays.
Dans son adresse au pape, Mgr Pedro Rubiano Saenz, archevêque de Bogota
et président de la Conférence épiscopale de Colombie, s’est souvenu du message livré par Jean-Paul II lors de sa visite dans le pays il y a dix ans.
Un message qui n’a rien perdu de son actualité, a-t-il dit, dans un pays
qui souffre «du manque de respect dû à la vie dans toutes ses manifestations». Mgr Saenz a dénoncé l’agression contre la vie innocente dans le
sein maternel et contre la liberté «par la séquestration et la violence
fratricide», les affrontements armés, ainsi que «la crise que traverse le
pays suite à la perte des valeurs morales, due spécialement à la corruption
liée au narcotrafic».
Une société malade
Le pape a rappelé aux évêques que la «Nouvelle Evangélisation» est «un
processus qui n’est jamais achevé». Il les invite à «l’audace» dans une société de plus en plus sécularisée et où les nombreuses mutations, qui ont
nécessité une révision de la Constitution, se traduisent par une nouvelle
hiérarchie de valeurs et par un changement de mentalité, surtout chez les
jeunes.
C’est, a dit le pape, «un moment dramatique et passionnant», qui révèle
«de profonds besoins et d’énormes espérances», et donc «une occasion privilégiée» d’affirmer les valeurs chrétiennes dans un pays qui, de l’aveu même
des évêques, est «malade». Jean-Paul II en a pris acte: «Face au danger
d’un relativisme qui affecte tant la vérité que les traditions, face au
courant séculariste qui domine, face à la diffusion des comportements de
corruption, d’injustice et de violence, qui minent les fondements mêmes de
la convivance humaine, la question morale est particulièrement urgente».
Le pape a rappelé les évêques à leur devoir de proclamer «sans trembler»
les règles morales fondamentales de la vie sociale, à l’intention tant des
pouvoirs publics que des citoyens. Mais il leur a rappelé que les exigences
n’en seraient perçues qu’à la condition que l’Eglise offre elle-même un témoignage cohérent et consente à «une conversion permanente».
Famille en danger
Une importante partie du discours était consacrée aux menaces qui pèsent
sur la famille: la diffusion du divorce, y compris chez les catholiques, la
légalisation de l’avortement, le «douloureux problèmes de la désintégration
de la famille», la «prolifération alarmante» de la prostitution, la violence dans tant de foyers, l’inaptitude de nombreux parents à donner à leurs
enfants une «véritable formation chrétienne», et surtout «la situation culturelle, sociale et économique réellement infrahumaine qui est celle de
nombreuses familles».
Tout en prenant acte des nombreuses interventions des évêques colombiens
dans ce domaine, Jean-Paul II leur a demandé de procéder à une «évaluation
objective» des causes de ces maux. «Il est urgent, leur a-t-il dit, d’intensifier une réflexiuon sereine et approfondie qui, dans les circonstances
présentes, aide à promouvoir et à créer un modèle familial qui rende possible un noyau authentiquement humain incarnant les valeurs de l’Evangile
pour ensuite irradier celles-ci comme base d’une nouvelle société».
Jean-Paul II a recommandé encore une pastorale créative pour aider les
«familles incomplètes», toujours plus nombreuses en Colombie; une pastorale
d’accompagnement pour les époux qui tentent de résister «aux attaques d’une
société permissive et matérialiste»; une pastorale d’animation spirituelle
pour les divorcés, les séparés et «ceux qui vivent en union libre»; une pastorale de coordination pour aider les initiatives et les mouvements apostoliques qui tentent d’apporter une réponse à ces problèmes. «La dramatique situation que traverse la famille est, dans un certain sens, a conclu
le pape, la cause et la conséquence, de la crise culturelle que nous vivons. Ce qui nous amène à penser qu’il est juste de situer la pastorale familiale dans le cadre plus large de la Nouvelle Evangélisation». (apic/cippr)




