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apic/Perou/ Haiti

Pérou: tensions entre l’Eglise et le gouvernement

Deux courants divergents traversent l’Eglise

Paris, 18 avril 1996 (APIC/CIP) Les relations restent tendues entre l’Eglise et le gouvernement du Pérou, confirme à son retour d’Amérique Latine le

Père Jacques Lancelot, secrétaire du Comité épiscopal France-Amérique Latine (CEFAL). Un Pérou où coexistent dans l’Eglise deux courants très différents, a-t-il confié à «La Croix».

Lors du vote, en juin dernier, d’une loi d’amnistie qui gomme d’un trait

de plume les exactions des militaires durant la dictature, l’Eglise s’est

nettement opposée au président Fujumori. Elle a pris de même une position

énergique face à la loi votée en septembre dernier autorisant la vasectomie

et les ligatures de trompes comme méthode de contrôle des naissances,

suscitant en retour le courroux du président, explique le prêtre français,

qui coordonne le travail missionnaire de 120 prêtres «Fidei donum» (prêtres

séculiers mis par leur évêque à la disposition d’une autre Eglise locale),

de 150 laïcs, de 270 religieux et de 380 religieuses.

L’Eglise du Pérou paraît au P. Lancelot moins divisée que traversée par

«deux courants très différents, qui s’ignorent plus qu’ils ne s’opposent».

Il précise: «Le premier, dans le sillage de Vatican II, prend en compte la

vie des hommes, met la Bible entre leurs mains pour qu’elle transforme leur

vie. L’autre courant, représenté par l’Opus Dei, très présent à Lima depuis

quelques années, mais aussi par les charismatiques, est plus spiritualiste,

plus loin du réel. Entre les deux, le dialogue est inexistant.»

Pour J. Lancelot, la théologie de la libération est encore là et bien là

au pays de Gustavo Gutierrez, un théologien qui «a encore toute sa place».

Les communautés en vivent où les gens, bible en main, apprennent à parler

en public, quittent leurs peurs, vivent des petites libérations, souvent

dans des associations de quartier. «Mais beaucoup ont été décapitées par le

Sentier Lumineux. Depuis trois ans, elles commencent à se réorganiser. J’ai

été surpris par leur vitalité», raconte le secrétaire du CEFAL.

Haïti: une souffrance partagée

Le Père Lancelot a également visité Haïti, où il a trouvé un épiscopat

blessé, qui demeure «claquemuré». «Le passif de souffrance est immense». Si

l’Eglise est la base «est très vivante et bénéficie d’une bonne crédibilité», le silence entre elle et la hiérarchie est douloureux: «L’épiscopat,

tellement critiqué, dit-il, est blessé et demeure claquemuré. Or il existe

une vraie attente de réconciliation. Je n’ai pas ressenti de portes fermées, plutôt une souffrance partagée.» (apic/cip/cx)

19 avril 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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