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France: La pétition «Nous sommes l’Eglise» (120496)
peine à trouver sa vitesse de croisière
«Un mouvement historique» estime cependant «Témoignage Chrétien»
Paris, 12avril(APIC) Avec 20’000 signatures récoltées depuis novembre
dernier en France, la pétition «Nous sommes l’Eglise» soutenue par l’hebdomadaire «Témoignage Chrétien» peine à trouver sa vitesse de croisière.
L’affaire Gaillot a provoqué il y a un an un vif sursaut, mais depuis
l’élan est fortement retombé, ont reconnu vendredi les initiateurs à Paris.
Les 20’000 signatures françaises font en effet pâle figure face aux 1,8
million de paraphes récoltés en Allemagne, aux 500’000 en Autriche et même
aux 73’000 en Suisse. Georges Montaron, directeur de «Témoignage Chrétien»
depuis des décennies, rappelle que son journal a suscité la création d’un
relais pour les groupes «Nous sommes l’Eglise», sans chercher pour autant
le monopole. A ses yeux, l’Eglise de la base ce manifeste par ce biais à
juste titre car aujourd’hui «tout vient d’en haut».
Le texte de la «requête du peuple chrétien» publié en France est directement calqué sur le texte allemand. «Nous avons tenu à mettre nos pas dans
ceux qui ont déjà avancé», a expliqué Georges Montaron. Le texte demande
une Eglise plus fraternelle, l’abolition du célibat des prêtres, l’ordination des femmes et une appréciation positive de la sexualité.
Pour le théologien Jean-Pierre Bagot, membre de «Droits et libertés dans
l’Eglise», la presse française, en particulier catholique, a une grande
responsabilité dans ce manque de mobilisation, car elle n’a donné pratiquement aucun écho à la campagne «Nous sommes l’Eglise». L’extrême dispersion
de la communauté chrétienne et l’énorme décomposition religieuse qui sévit
en France sont deux autres éléments d’explications.
De fait si la presse n’a pas suivi «TC» et «Golias», les mouvements
d’actions catholiques, à l’exception de la JOC, de la JEC et du Mouvement
rural de jeunesse chrétienne MRJC et de Vie Nouvelle, n’ont pas non plus
emboîté le pas. Par contre les mouvements nés pour défendre Mgr Gaillot
«Partenia 2000», «Evreux sans fontières», «Chrétiens sans fontières» ont
rejoint le collectif «Nous sommes l’Eglise».
Georges Montaron n’hésite pas à se faire lyrique pour évoquer «un mouvement historique dont on n’a pas encore mesuré l’ampleur, au même titre que
la création de la JOC». Beaucoup de signataires français sont des gens aux
marges de l’institution ecclésiale qui ont, cette fois, décidé de rester
dans le peuple de Dieu plutôt que de participer à l’hémorragie, constate
Georges Montaron.
Thomas Arens et Bernhard Delflorian, responsables allemand et autrichien
de «Nous sommes l’Eglise», ont évoqué les résultats de la campagne dans
leur pays. Certains évêques ont accepté le dialogue. Les cinq requêtes ont
suscité un vif écho. A tel point que les évêques sont constamment interpellés sur ces sujets. Les catholiques de la base ont reconquit l’estime
d’eux-mêmes et ne craignent plus de parler de leur foi. Enfin on constate
un regain d’intérêt pour les questions touchant au fonctionnement de
l’Eglise.
Les Autrichiens ont prévu en juin un grand rassemblement de délégués de
«Nous sommes l’Eglise». Ils ont déjà rédigé plusieurs «lettres du troupeau»
pour répondre aux lettres pastorales des évêques.
Une centaine de délégués des groupes locaux de «Nous sommes l’Eglise»
venus de France, d’Allemagne, d’Autriche d’Italie et de Belgique se sont
retrouvés durant l’après-midi pour une rencontre organisée par «Témoignage
chrétien». (apic/jcn/mp)




