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apic/FICPM/ mariage et sexualité
Fribourg: 30e Journées internationales de la Fédération
internationale des Centres de préparation au mariage (190596)
Au-delà des interdits, le message chrétien sur la sexualité
Fribourg, 19mai(APIC) «Au delà des interdits, quel est le message chrétien sur la sexualité?». Telle est la question à laquelle se sont attelés
durant trois jours à Fribourg, les quelque 130 participants au 30e Journées
internationales de la Fédération internationale des centres de préparation
au mariage (FICPM). Les délégués ont souligné, que la sexualité était don
de Dieu et langage d’amour, avant d’être occasion de péché.
Venus de onze pays d’Europe, du Canada et de Madagascar, les responsables nationaux étaient rassemblés du 16 au 19 mai à l’Institut agricole de
Grangeneuve, en présence de Mgr Amédée Grab, évêque de Lausanne, Genève et
Fribourg.
Pour Thérèse Dehaene, présidente belge de la FICPM, les couples animateurs des Centres de préparation au mariage sont aujourd’hui confrontés à
un double défi. Le premier consiste à acceuillir des jeunes qui souvent
sont éloignés de l’Eglise et dont la formation chrétienne est très mince.
Le second est de leur faire entendre les motivations fondamentales de
l’enseignement de l’Eglise sur la sexualité, c’est-à-dire le respect de la
personne de l’autre et en particulier celui de la femme.
Gaspar Mora, prêtre de Barcelone et aumônier de la FICPM, rappelle que
dans un monde très déchristianisé, la plupart des couples continuent de
demander le mariage à l’Eglise. Il s’agit alors de cheminer avec eux pour
leur faire prendre conscience, au-delà de certaines illusions de la valeur
de leur engagement. Le langage chrétien sur la sexualité ne doit pas être
celui de l’interdit, mais un langage positif. La sexualité est l’expression
de l’amour, elle doit rester ouverte à la procréation, elle se vit dans un
climat de plaisir et de dialogue.
Un dialogue sur lequel l’ensemble des participants ont beaucoup insisté.
Même avec la libéralisation des comportements, combien de couples sont en
difficultés à cause de non-dits, de refoulements sur la sexualité, sur les
désirs de l’autre.
Le dialogue sur les questions sexuelles doit faire partie de la préparation au mariage, même pour des couples vivant déjà ensemble, relèvent Doris
et Max Senn, délégués à la FICPM pour la Suisse romande. Cela se fait dans
une animation active le plus souvent par l’intermédiaire de jeux de rôles.
Le rapport entre le vécu des couples et l’enseignement de l’Eglise, en
particulier son refus des méthodes artificielles de contraception, nous
confronte à des questions très directes, admet Thérèse Dehaene. Mais cela
permet de faire comprendre que le dialogue sur la sexualité dépasse les
questions de contraception, mais concerne la rencontre d’un homme et d’une
femme qui, en conscience et en commun, sont appelés à faire des choix. Une
discussion sur les méthodes naturelles de contraception oblige l’homme à
être au courant du cycle de la femme et à en tenir compte, les partenaires
deviennent sensiblement plus égaux, remarque par exemple Majda Klinar, médecin à Ljubljana, et membre des CPM de Slovénie.
L’abbé Olivier Decrey, aumônier des CPM à Vevey, constate de son côté
que beaucoup de couples chrétiens ont établi une cloison étanche entre leur
vie sexuelle et leur vie de foi qui sont pourtant deux domaines fondamentaux de leur existence, selon une conception qui voudrait qu’il y ait incompatibilité entre Dieu et la sexualité. «Nous croyons pourtant en un Dieu
des vivants», souligne-t-il. La Bible, surtout l’Ancien Testament, aborde
constamment les divers problèmes de couple, de la stérilité à l’adultère en
passant par l’inceste ou la confusion épouse-mère. Bref une invitation au
dialogue sans moralisme étouffant. (apic/mp)




