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Genève: «La femme dans l’Eglise cadeau ou fardeau?» (190596)
Débat à l’occasion du dimanche des médias
Genève, 19mai(APIC/Gladys Théodoloz) Le thème de la discusion «La femme
dans l’Eglise cadeau ou fardeau?» et surtout la qualité des trois intervenantes promettaient un débat nourri vendredi soir à Genève pour la table
ronde organisée à l’occasion du dimanche des médias de l’Eglise catholique.
Avec une quarantaine de personnes, la participation n’a pas vraiment suivie, mais la discussion a été riche.
Le point de départ de la discussion était le message de Jean Paul II
pour le dimanche des communications sociales. Le pape y rappelle notamment
la responsabilité des médias envers la femme dont ils doivent promouvoir le
rôle et la valeur au sein de la société moderne au lieu de la traiter
«comme un objet servant à satisfaire la soif de plaisir et de pouvoir des
autres». Une critique que Catherine Wahli, ancienne rédactrice en chef du
téléjournal romand récuse d’emblée. Pour elle, il ne faut pas mettre tous
les médias dans le même panier. Si les publicitaires sont coutumiers de ce
genre de dérapages, il n’en est pas de même pour les journalistes
professionnels qui obéissent à une déontologie stricte. Pas question pour
eux «d’exploiter l’image de la femme». Prétendre cela c’est nier l’effort
des médias et en particulier de la télévision pour dialoguer avec le public
et le rendre attentif aux problèmes de société, affirme Catherine Wahli.
«Les médias, aussi bien que le pape ignorent souvent les vrais problèmes
des femmes», déplore de son côté Maryse Durrer de l’Union mondiale des organisations féminines catholiques. Bien souvent les médias restent fermés
aux informations qui leur sont transmises. De même le saint-Siège souffre
de graves lacunes dans sa maîtrise de l’information. Maryse Durer cite
l’exemple du porte-parole du Saint-Siège à la Conférence de l’ONU sur la
femme à Pékin l’an dernier qui tronquait régulièrement ce qui avait été dit
en séance.
Marie-Laure Beck, ancienne présidente du Grand Conseil genevois et fondatrice de «Oui à la vie», qui n’avait pas hésité à relever le défi d’un
débat sur un thème aussi sensible, a souligné que le pape «n’accuse personne et n’impose rien mais montre les problèmes». Pour elle, il est évident
que les médias déforment la vision que la société devrait avoir de la femme, en la présentant comme un objet frivole. «Les médias doivent-ils simplement refléter ce qui se passe dans le monde, ou au contraire tenter de
l’améliorer?» s’interroge-t-elle. Ainsi les documents du Saint-Siège sont
souvent déformés par les médias et il est nécessaire de recourir aux textes
d’origine pour savoir ce qui est vraiment dit.
Décevante fermeture
Pour introduire la deuxième partie du débat, Isabelle Ducret, journaliste au «Courrier» et modératrice de la discussion, cite un autre passage du
message papal: les médias doivent «attirer l’attention sur les véritables
héroïnes, y compris les saintes femmes de la tradition chrétienne, comme
des modèles d’inspiration pour les jeunes et les générations à venir».
Schéma réducteur qui enferme les femmes dans un rôle déterminé dont elles
voudraient précisement sortir pour accéder aux mêmes responsabilités que
les hommes dans la société et dans l’Eglise, constate Maryse Durrer, posant
implicitement la question du sacerdoce fémimin.
«Pourquoi les femmes veulent-elles toujours être prêtres? il y a tant
d’autre ministères dans l’Eglise», répond Marie-Laure Beck. Le pape en réaffirmant le non de l’Eglise au sacerdoce féminin ne se fonde pas sur une
opinion personnelle, mais sur le Christ qui a conféré le sacerdoce à des
hommes seulement. Le Christ s’est également adressé aux femmes mais ne les
a pas mises «dans le même contexte».
Le problème ne se limite pas au sacerdoce, insiste Maryse Durrer. Ce que
réclament les femmes c’est d’être associées aux décisions à tous les niveaux et pas seulement confinées dans des rôles subalternes. Beaucoup de
femmes ressentent le refus du sacerdoce féminin comme une agression. (apicgth/mp)




