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Genève: Colère et consternation des ONG après

le nouveau protocole sur les mines antipersonnel (080596)

Les Eglises choquées par la désinvolture de certains pays

Genève, 8mai(APIC) Le nouveau protocole sur les mines antipersonnel provoque la consternation des organisation non gouvernementales. Pour ne pas

dire la colère. Quant aux Eglises, elles se déclarent choquées par la désinvolture de certains pays.

Ishmael Noko, secrétaire général de la Fédération luthérienne mondiale

(FLM), s’est déclaré «extrêmement déçu» par l’impuissance de la troisième

et dernière session des Nations Unies chargée de l’examen de la Convention

sur les armes classiques (22 avril – 3 mai) à obtenir l’interdiction totale

des mines terrestres antipersonnel.

Plus de 80 pays ont pris part à Genève aux négociations concernant la

Convention et le Protocole sur les mines qui se sont conclues le 3 mai par

un accord qui restreint progressivement l’utilisation des mines. Ces restrictions sont toutefois encore loin de l’interdiction totale réclamée par

ceux qui font campagne contre les mines antipersonnel.

Pour Ishmael Noko, le nouveau protocole sur les mines est «faible» et

encourage la production d’une nouvelle génération de mines terrestres technologiquement plus sophistiquées.

La FLM est l’une des organisations non gouvernementales (ONG) – elles

sont plusieurs centaines – qui, avec 35 gouvernements, ont réclamé l’interdiction totale. Tous dénoncent les effets des mines sur les civils, en particulier les enfants et les collectivités rurales dans les pays en développement. L’utilisation des mines terrestres a été vigoureusement condamnée

par de nombreux responsables religieux, notamment le dalaï lama et le pape

Jean-Paul II. Le secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises

(COE), le pasteur Konrad Raiser, a récemment écrit aux 330 Eglises membres

du COE dans le monde pour leur demander de s’associer aux efforts de la

Campagne internationale pour interdire les mines antipersonnel.

De qui se moque-t-on?

«Les mines tuent chaque mois dans le monde au moins huit cents personnes, surtout des femmes, des enfants et des agriculteurs (…) Au Cambodge,

il y a plus de 30’000 amputés», rappellent le COE et la FLM, dans «Mines

terrestres: que fait votre Eglise?», une initiative commune des deux organisations. Selon le quotidien «Le Monde», du 3 mai 1996, «chaque année,

26’000 personnes – en majorité civiles – sont mutilées ou tuées dans le

monde par des mines antipersonnel.

Le résultat de la Conférence est considéré comme «honteux» par les nombreuses ONG présentes à Genève. «De qui se moquent les négociateurs de Genève?» s’indignent les organisateurs de la Campagne suisse contre les mines

antipersonnel, dans un communiqué en date du 3 mai. «De l’opinion publique

qui réclame l’interdiction de ces armes barbares? Des oeuvres d’entraide

qui constatent les dégâts humains, sociaux, écologiques et économiques? Des

troupes de déminage qui risquent leur vie pour nettoyer des régions entières? Ou pire encore des victimes elles-mêmes et de leur famille?»

Ishmael Noko fait remarquer que «la communauté mondiale avait l’occasion

d’interdire les mines antipersonnel… En raison de nombreuses restrictions, d’exceptions et de formules ambiguës, l’application du protocole sera extrêmement difficile».

«La FLM déplore que cet accord n’impose pratiquement aucune restriction

sur la production, le transfert et l’utilisation des mines antipersonnel.

Par ailleurs, il ne s’attaque pas à un problème majeur: réduire les souffrances humaines, et les profondes conséquences sociales, économiques et

écologiques de la pollution engendrée par les mines. Nous sommes, et continuerons d’être, les témoins du fait que des dizaines de milliers de civils

– en particulier des femmes et des enfants – sont blessés ou tués chaque

année par des mines antipersonnel».

Le cardinal français Roger Etchegaray, président du Conseil pontifical

«Justice et paix», n’a lui non plus pas caché sa désillusion devant le nouveau protocole sur les mines antipersonnel. (apic/eni/pr)

8 mai 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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