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Brésil: Les évêques brésiliens exigent la réforme agraire (030596)

Ferme appel au gouvernement de Brasilia

Itaici, (Brésil) 3mai(APIC) Les 280 évêques brésiliens réunis à Itaici,

près de Sao Paulo, exigent de leur gouvernement des solutions urgentes pour

la grave crise sociale dont souffre le Brésil, en particulier l’application

de la réforme agraire. Dans la déclaration finale de leur 34e Assemblée,

ils s’insurgent entre autres contre les récents massacres, par la police

militaire, de 24 paysans sans terre à Corumbia et Eldorado dos Carajas qui

ont provoqué une indignation générale dans tout le pays.

Le document final reconnaît certes «les avances déjà obtenues dans le

processus de la construction d’une société plus démocratique, mais il critique avec force le gouvernement de Brasilia. «Une monnaie forte et le contrôle de l’inflation ne sont pas des mesures suffisantes pas pour rénover

le pays et assurer la sécurité et la paix de la famille brésilienne».

Le document épiscopal dénonçe le décret gouvernemental 1175 qui méprise

le droit inaliénable des Indiens sur leurs terres. Inadmissible aussi la

violence structurelle, l’impunité de nombreux criminels et par conséquent

le discrédit dans lequel s’enfonce le pouvoir judiciaire. Les évêques dénoncent aussi l’accroissement du chômage et la faiblesse du salaire miminum, un des plus bas du monde, correspondant à 120 dollars environ. Enfin

les évêques critiquent le «travail esclave des enfants et des adolescents»

dans un pays où les autorités politiques se plaisent à faire de belles déclarations sur l’entrée du Brésil dans la modernité.

La nécessaire réforme agraire

L’exigence renouvelée d’une véritable réforme agraire reste un des

points forts de la déclaration finale des évêques. «La concentration de la

terre dans les mains des grands propriétaires menace les fragiles fondements de la démocratie. Cela vaut aussi pour la question des injustices

contre les Indiens, la marginalisation du peuple noir et l’honteuse misère

de pauvres qui ont faim. La réforme agraire doit être faite avec courage et

détermination par le gouvernement».

Certains observateurs estiment que la création, le 30 avril, d’un ministère de la politique foncière rurale et la nomination, le même jour, du ministre Raul Julgmann à sa tête, pourrait être une première réponse de la

déclaration des évêques répercutée par tous les médias.

Durant l’Assemblée d’Itaici, les évêques brésiliens ont reçu une lettre

du cardinal Roger Etchegaray, président du Conseil pontifical «Justice et

Paix», qui condamne à son tour le massacre des paysans sans terre. Dans sa

lettre, le cardinal Etchegaray transmet ses sentiments de profonde inquétude devant «tant de violence et d’irrespect de l’homme». (apic/em/ba)

3 mai 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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