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Israël: Angoisse des Palestiniens un mois aprés les élections (260796)

F. Husseini, leader palestinien, et Mgr Sabbah, s’inquiètent

Jérusalem, 29juillet(APIC) Dans une interview accordée à l’hebdomadaire

«La Vie», Fayçal Husseini, représentant de l’Etat palestinien à Jérusalem,

et Mgr Michel Sabbah, patriarche latin de la ville sainte, expriment leurs

inquétudes et leurs attentes un mois après les élections israéliennes.

L’avenir politique apparaît incertain et les nuages s’amoncellent à

l’horizon: implantations juives en Palestine, programme accéléré de judaïsation de Jérusalem, chômage en Cisjordanie et à Gaza,… Les deux hommes

espèrent que l’Europe usera de pressions sur le nouveau gouvernement israélien pour accélérer le processus de paix.

Fayçal Husseini représente un Etat palestinien en gestation à Jérusalem.

Il perçoit la situation actuelle comme «le calme qui précède la tempête» et

prend «le parti de ne pas croire au pire», pour l’instant. Pourtant les

faits ont de quoi inquiéter les autorités palestiniennes. Un projet de

construction d’une grande cité-dortoir israélienne couperait Jérusalem de

Béthléem. On veut également forcer les jeunes de Jérusalem à adopter la

citoyenneté israélienne, avec la menace de leur retirer leur carte de

résidence.

Le gouvernement palestinien est dans une situation incommode: il «veut

donner sa chance» au gouvernement de Benyamin Netanayhou, tout en risquant

de «passer pour des supplétifs de l’occupant», perçu comme une «mini

super-puissance». La volonté affichée par le nouveau pouvoir de l’Etat

hébreu d’implanter 300’000 à 500’000 nouveaux colons juifs dans les

territoires occupés ne cesse d’inquiéter les Palestiniens. F. Husseini

compte sur le soutien de l’Europe, le plus important pourvoyeur financier

du processus de paix, pour débloquer la situation. Elle en a «le droit

moral et le pouvoir matériel».

Pour un statut spécial de Jérusalem

L’inquiétude perce également à travers les propos de Mgr Michel Sabbah,

patriarche latin de Jérusalem. Il condamne «la volonté farouche de judaïser

Israël, d’en faire la possession exclusive du peuple juif et de l’Etat

d’Israël». Le patriarche craint que le nouveau gouvernement applique son

programme électoral, qui ferait retomber la région «dans la haine et la

violence». Mgr Sabbah ne croit pas à la garantie de la liberté de religion

proclamée par les Israéliens: le bouclage des territoires occupés prive les

croyants palestiniens de l’accés à la Ville sainte.

L’évêque latin de Jérusalem ne voit qu’une façon de préserver le

caractère universel de la ville: la doter d’»un statut garanti par un

accord international». C’est uniquement ainsi qu’elle «méritera son nom de

Ville de la Paix», conclut-il. (apic/bl/pr)

28 juillet 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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