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Jubilé 2000: le secrétaire général du COE (190796)
refuse d’»avance une invitation de l’Eglise catholique»
«Une initiative oecuménique doit être pensée ensemble»
Rome, 19juillet(APIC) Le Pasteur Konrad Raiser, secrétaire du
Conseil Oecuménique des Eglises (COE), refuse d’»avance une invitation» de l’Eglise catholique pour le Jubilé de l’an 2000.
Toute initiative oecuménique «doit être pensée ensemble», explique-t-il dans une interview accordée à «La Repubblica». K.
Raiser revient sur son idée de convoquer un «Concile Universel».
Celui-ci réunirait toutes les religions chrétiennes après une période de «fiançailles» où, malgré les problèmes, les Eglises
«s’engageraient à rester ensemble».
Le pasteur Raiser pense que les négociations actuelles entre
les Eglises ne suffisent plus. «Nous avons beaucoup d’accords de
fond, dit-il, mais pour discuter sur des points controversés il
est nécessaire de lancer un processus concret». Et de proposer
une période de «fiançailles» entre les Eglises, «une promesse publique de s’engager vers l’union» et de «rester ensemble» pour
trouver les solutions aux problèmes en suspens. Au terme de cette
période pourrait alors s’ouvrir un «Concile universel».
Le pasteur Raiser pense que la période qui nous sépare de l’an
2000 est propice à un tel rapprochement, car de nombreuses Eglises vont tenir des réunions mondiales importantes: l’assemblée du
Conseil Méthodiste Mondial en 1966, la Fédération luthérienne et
l’Alliance réformée en 1997, la communauté anglicane et le Conseil Oecuménique des Eglises en 1998.
Ministère du pape: au-delà de Vatican II
Parmi les points les plus controversés avec l’Eglise catholique, Konrad Raiser évoque les ministères, le rôle de «la papauté
ou, plus exactement, les charges d’un ministère universel de
l’unité», la succession apostolique, le statut de celui qui préside l’eucharistie, «la nécessité de maintenir ou non un ministère tripartite: évêque, prêtre, diacre».
Si la proposition de Jean-Paul II d’une concertation sur le
ministère du pape (encyclique «Ut Unum Sint») a été «un geste que
nous avons accueilli avec satisfaction», commente le pasteur Raiser, il n’en reste pas moins que le COE «recommande que l’on commence à étudier ensemble les caractéristiques d’un ’ministère
universel de l’unité». Et d’ajouter: «Je sais que chez les luthériens des études préparatoires sont en cours à ce sujet. Ce thème
est plus difficile à aborder avec les Réformés. Quant aux anglicans, la commission mixte avec l’Eglise catholique a déjà rédigé
un rapport important sur le sujet. Cependant la Congrégation pour
la Doctrine de la Foi a repoussé ce texte, jugé non conforme à la
doctrine catholique».
Le pasteur Raiser avertit: «Si la définition du ministère papal et de son magistère restent ceux du Concile Vatican I, confirmés par le Concile Vatican II, c’est un rôle que les autres
Eglises chrétiennes ne peuvent pas accueillir. Une nouvelle interprétation est donc nécessaire.» La question n’a pas été abordée l’an passé lors de l’entrevue entre Jean-Paul II et le pasteur Konrad Raiser. «L’encyclique «Ut Unum Sint» a été publiée
trois semaines après, mais le pape ne m’en a pas parlé», regrette
ce dernier.
Une nouvelle demande religieuse
La préparation du Jubilé de l’an 2000 mise en oeuvre par
l’Eglise catholique «mérite une grande attention, mais elle ne
correspond pas à notre idée de l’oecuménisme en tant qu’invitation de l’Eglise catholique aux autres Eglises. Nous ne pouvons
pas être les hôtes d’une initiative de ce genre, elle doit être
pensée ensemble», affirme le pasteur Raiser.
Pour finir, le secrétaire général du COE constate: «Nos contemporains, en particulier les jeunes, ont la nostalgie d’une religion qui transcende le quotidien. Je dois admettre que nos
Eglise protestantes ont des difficultés à répondre à ces nouvelles demandes religieuses. Elles ont peur. Elles se sont occupées
trop longtemps de vouloir affronter le rationalisme critique.
C’est ainsi qu’elles ont oublié le langage symbolique de la religion. Nous devons réapprendre à parler ce langage». (apic/imedpr)




