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apic/COE/Grave crise financière/Réduction de personnel
Genève:Grave crise financière au Conseil oecuménique des Eglises
Le secrétaire général du COE tire la sonnette d’alarme
Réduction de 16% du personnel avant la fin de l’année
Genève, 12juillet(APIC) Une grave crise financière secoue le
Conseil oecuménique des Eglises (COE) à Genève. D’ici la fin de
l’année, annonce vendredi le COE, ses effectifs en personnel seront réduits de 16%. Au 1er janvier 1997, ils seront réduits
d’un tiers par rapport à ce qu’ils étaient en 1991, au moment de
la Septième Assemblée du COE, dans la capitale australienne Canberra.
«Les revenus du Conseil ne suffisent plus à financer ses activités.» Tel est l’avertissement lancé par le pasteur Konrad Raiser, secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE),
dans la lettre accompagnant le Rapport des finances 1995 du COE
qui vient d’être rendu public.
Habituellement, le Rapport des finances du COE est accompagné
d’une lettre du sous-secrétaire général chargé des finances et de
l’administration. Mais, le pasteur Raiser a pris la décision de
s’adresser personnellement aux Eglises membres du COE pour leur
parler de la grave situation financière dans laquelle le Conseil
se trouve et leur demander de l’aider à en sortir.
Konrad Raiser rappelle aux 330 Eglises membres du COE que le
rapport des finances de l’année dernière laissait entrevoir des
difficultés financières dont on avait espéré qu’elles n’étaient
causées que par des fluctuations passagères qui se corrigeraient
d’elles-mêmes.
Excès d’optimisme
«C’était là faire preuve d’un excès d’optimisme», poursuit le
pasteur Raiser, qui ajoute qu’en raison du déficit prévu pour
1996, «d’ici la fin de cette année, malgré un strict contrôle des
dépenses et malgré les mesures d’économie que nous avons déjà
prises, les fonds généraux et les réserves seront épongés».
Le secrétaire général explique qu’il faut prendre des «mesures
beaucoup plus énergiques» si l’on veut réaliser l’équilibre budgétaire que le Comité central du COE a demandé pour 1997. Il
annonce qu’il est en train de «passer en revue les programmes et
les services du Conseil» et que «malheureusement… il nous faut
opérer… d’importantes réductions de personnel qui s’ajouteront
à la réduction de 20% déjà réalisée en 1991-1992».
2 millions de francs d’indemnisations de départ
Le pasteur Raiser indique qu’il faudra 2 millions de francs
suisses pour offrir aux personnes affectées par ces réductions
«une aide au départ juste et adéquate» et il appelle les Eglises
membres à verser une contribution spéciale en vue de ces dépenses. Selon le Rapport des finances, en 1995, le revenu total du
COE s’est monté à 80,4 millions de francs suisses, soit 9,3
millions de francs de moins qu’en 1994. Ses dépenses totales se
sont, elles, élevées à 101 millions de francs suisses en 1995,
contre 114 millions de francs en 1994. (apic/coe/be)
Encadré
Revoir les priorités des Eglises
Le Rapport des finances contient une section de sept pages, «The
Year in Review», qui décrit brièvement, chiffres à l’appui, les
nombreux domaines d’activités du COE: théologie, unité de l’Eglise, spiritualité, culte, études bibliques, mission, évangélisation, éthique, justice, paix, sauvegarde de la création, aide
humanitaire, racisme, personnes déracinées, VIH/SIDA, action
«vaincre la violence», action «femmes victimes de la violence»,
dialogue avec les autres religions, changements climatiques, affaires internationales.
Bien que ces divers programmes soient le reflet des préoccupations des Eglises, on est en train de les revoir tant du point de
vue de leur échéance que des ressources disponibles pour les
maintenir. (apic/coe/be)
Encadré
Trop peu de fonds non affectés
Depuis longtemps, le COE fait savoir que les fonds non affectés
sont l’un de ses problèmes financiers majeurs. Ces fonds sont
constitués principalement par les cotisations des Eglises membres
auxquelles s’ajoutent les intérêts des investissements réalisés
avec les réserves et les fonds généraux du Conseil.
Bien que le rendement des portefeuilles d’investissement se
soit amélioré par rapport à 1994, le revenu net a été négatif en
raison des pertes sur les changes reportées de 1994. La situation
s’est encore aggravée à cause de la baisse des cotisations des
Eglises membres (due principalement aux taux de change
défavorables), qui se montent tout juste à 6,27 millions de
francs suisses (1994: 6,37 millions de francs). Il en est résulté
un déficit en fonds non affectés de 4,4 millions de francs
suisses.
Dans sa lettre, le pasteur Raiser fait observer que le montant
des fonds non affectés est «hors de proportion» face à un «chiffre d’affaires» total de plus de 100 millions de francs, et que
ce montant doit augmenter pour atteindre au moins 10 millions de
francs. Soulignant que le niveau des cotisations est demeuré inchangé depuis de nombreuses années, Konrad Raiser ajoute qu’il
est «triste de constater (…) qu’il y a beaucoup d’Eglises qui
ne versent toujours aucune cotisation au Conseil», et ce malgré
la décision prise par le Comité central l’année dernière de demander une cotisation minimum de 1000 francs suisses à chaque
Eglise.
En 1995, 156 Eglises ont versé leur cotisation, contre 153
l’année précédente. Le Conseil oecuménique des Eglises (COE) est
une communauté de 330 Eglises. Elles sont réparties dans plus de
100 pays sur tous les continents et représentent pratiquement
toutes les traditions chrétiennes. L’Eglise catholique romaine
n’est pas membre mais elle collabore activement avec le COE.
La plus haute instance dirigeante du COE est l’Assemblée, qui
se réunit environ tous les 7 ans. Le COE a été formé officiellement en 1948 à Amsterdam, aux Pays-Bas. Le secrétaire général
Konrad Raiser, de l’Eglise évangélique d’Allemagne, est à la tête
du personnel de l’organisation. (apic/coe/be)




