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apic/Golias/ Pères Blancs

Rwanda: Les Pères Blancs suisses accusent «Golias» (060896)

Demi-vérités, accusations sans preuves, partis-pris militants

Fribourg, 6août(APIC) Les accusations publiées par le magazine français

«Golias» dans son numéro d’été sous le titre: «Rwanda, l’honneur perdu des

missionnaires» continuent à faire couler beaucoup d’encre. Les Pères Blancs

suisses réagissent à leur tour en dénonçant les demi-vérités, les accusations sans preuves, les partis-pris militants.

Dans un communiqué diffusé mardi, le Père Josef Buholzer, provincial des

Pères Blancs suisses, souligne que «la vérité ne les effraie pas. Mais encore faut-il que le débat se situe à ce niveau ce qui ne semble pas être le

cas avec ’Golias’».

Que reproche-t-on finalement aux missionnaires? s’interroge le communiqué. On les accuse d’avoir introduit en accord avec les colonisateurs

belges l’idéologie des ethnies et de s’être trop appuyés là-dessus. On accuse en particulier le valaisan Mgr André Perraudin, ancien évêque de Kabgayi, d’avoir préché dans les années 60 le renversement violent des anciennes structures féodales. En fait, affirme le communiqué, Mgr Perraudin dénonçait les différences et les inégalités sociales héritées du passé. «Le

bien commun ne peut en effet consister finalement dans une lutte entretenue, mais seulement dans une réelle et fraternelle collaboration, faite

d’une répartition plus juste et plus charitable des biens, des charges et

des fonctions», expliquait-il alors. Aujourd’hui on accuse des religieuses

et des prêtres rwandais d’avoir aider à préparer le génocide de 1994-95 ou

d’y avoir contribué directement.

Les Pères Blancs ne contestent pas le fait du génocide, mais l’exactitude des accusations portées par Golias, note le Père Buholzer. «Les procédés

de ’Golias’ sont souvent les mêmes: on sème des soupçons, on travaille sur

des hypothèses et des possibilités qui deviennent par la suite des ’probabilités’ et finalement des ’vérités confirmées par des témoins’.»

Le journaliste peut toujours se défaire de ces accusations générales et

subtiles et rappelant avoir écrit: «il est soupçonné très sérieusement…

il aurait agi ainsi durant les massacres… il aurait participé activement… plusieurs témoins ont confirmé…»

En cette période de règlements de comptes au Rwanda, les missionnaires

gènent certains milieux extrémistes, soulignent les Pères Blancs. «Je doute

que le débat sur notre rôle au Rwanda s’éclaircisse par des demi-vérités,

des accusations sans preuves et des partis-pris militants.» Il se pourrait

que dans ce conflit douloureux, certains journaux, en servant des causes

extrémistes, perdent davantage d’honneur que les missionnaires, conclut le

communiqué. (apic/com/mp)

6 août 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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