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Montreux: Journée du clergé diocésain (300996)

La joie d’être prêtre

Montreux, 30septembre (APIC) Plus de 300 prêtres du diocèse de Lausanne,

Genève et Fribourg, ont participé lundi à Montreux (VD) à une journée de

rencontre sur le thème: «La joie d’être prêtre», avec un invité de prestige, le cardinal Carlo Maria Martini, archevêque de Milan.

La joie ne se fabrique pas, elle est un don, a insisté d’emblée le cardinal. Même si la tendance actuelle pousse à voir surtout les difficultés

dans et hors de l’Eglise. La joie – et ici le cardinal reprend l’image du

bon vin – fait partie du «superflu nécessaire». On peut vivre sans, mais la

joie est une chose sans laquelle la vie n’est pas ce qu’elle devrait être.

La joie n’obéit pas à des recettes, pas plus qu’elle n’est une vertu. Elle

est le fruit de la charité, selon le mot de saint Thomas d’Aquin.

A la tête d’un archidiocèse de 5 millions de baptisés et de quelque

3’000 prêtres, Mgr Martini ne nie pas les difficultés. Un clergé sans joie

n’invite pas à l’engagement et ne permet pas aux vocations d’éclore. Il se

ferme dans la résignation et dans le découragement. Le service de la joie

et de l’espérance est, à ses yeux, une priorité absolue. Les gens ont besoin de consolation, a-t-il constaté.

Pour l’archevêque de Milan, la joie réside dans la manière de regarder

les choses. Elle découle de «l’intelligence spirituelle» avec laquelle nous

examinons le monde. Elle implique, selon le terme de sainte Thérèse de

l’Enfant Jésus, un «changement d’âge», de passer d’un comportement puéril à

celui de l’âge adulte. Pour un prêtre, les sources de joie sont au moins

aussi nombreuses que celles de déception. La joie la plus fondamentale

vient de Jésus lui-même. Dans la contemplation des visages de Dieu, anticipation de la joie éternelle. La «relation significative» qu’un prêtre peut

avoir les autres à travers la catéchèse, la prédication, l’accompagnement,

est aussi une source fondamentale de joie.

Mgr Martini rappelle que les Evangiles mettent aussi une importance particulière sur la joie que procure le retour de ceux qui étaient perdus.

Tous connaissent l’épisode de la brebis perdue.

La joie du Nouveau Testament, à vue humaine, offre cependant un paradoxe

nouveau. La joie pour le chrétien d’être «trouvé digne de subir des outrages au nom du Seigneur», selon l’expression des Actes des Apôtres.

Les obstacles à la joie

Le cardinal Martini connaît les obstacles actuels: banalisation de la

foi, manque de réponses des fidèles, santé, caractère, solitude. A ce propos, le cardinal de Milan relève que le célibat sacerdotal peut aussi être

source de joie et pas seulement de tristesse. Il doit se vivre dans une

tension spirituelle constante qui donne «le temps long» à la prière. Plus

les responsabilités sont grandes, plus ce temps de silence est nécessaire,

a souligné Mgr Martini. De fait, quoiqu’on en pense, ou quoiqu’on en dise,

le taux de satisfaction chez les prêtres est généralement sensiblement plus

élevé que dans d’autres catégories de population, a encore relevé l’archevêque.

Selon lui, il est dangereux de proclamer la joie pour le futur ou comme

quelque chose à produire: «cela ira mieux quand j’aurai fait ceci ou cela».

En conclusion, le cardinal a rappelé que la messe et l’Eucharistie sont le

résumé de tout ce que l’homme peut dire de la joie du prêtre. (apic/mp)

30 septembre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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