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apic/Kénya/ attaques du président Moi contre Eglises
Kénya: Le Conseil national des Eglises (110996)
rejette les accusations du président kényan
«Les Eglises chrétiennes sont des organisations subversives»
Nairobi, 11septembre (APIC) Le président Daniel Arap Moi a lancé une attaque cinglante contre les responsables d’Eglise kényans et le Conseil national des Eglises du Kénya (NCCK) qu’il traite d’»organisation subversive numéro un».
Un mois après la publication, par le NCCK et les évêques catholiques romains, de déclarations réclamant une série de réformes politiques avant les
prochaines élections générales, le président Moi s’en prend désormais aux
ecclésiastiques.
En lançant ces accusations, le président veut manifestement diminuer
l’influence du NCCK lors des prochaines élections. Il a exhorté les
fonctionnaires à se tenir à l’écart des instances dirigeantes du NCCK «pour
éviter que votre présence ne soit interprétée comme un soutien de l’Etat au
NCCK».
Selon les observateurs, cette mise en garde devrait avoir un effet immédiat, et entraîner, pour le NCCK, l’interdiction de tenir des réunions ou
des séminaires. Des projets de développement gérés par le NCCK – réseaux de
distribution d’eau et programmes alimentaires pour les personnes déplacées
– pourraient aussi pâtir de cette nouvelle situation. En effet les
fonctionnaires, soucieux de garder leur emploi, risquent de mettre un terme
à leur coopération avec le NCCK.
Les responsables d’Eglise réfutent les accusations présidentielles
Pour les ecclésiastiques et les leaders de l’opposition, les critiques
formulées par le président sont «sans fondement». Les accusations du président «sont une tactique pour détourner l’attention des vrais problèmes
d’actualité. Je tiens à affirmer que le NCCK n’est pas un organe subversif», a déclaré l’évêque anglican Joseph Wasonga, président du NCCK.
Le primat intérimaire de l’Eglise anglicane du Kénya, l’évêque David Gitari, a mis le président au défi d’ordonner l’arrestation d’éléments subversifs au sein du NCCK, au lieu de porter des accusations générales.
Menaces de mort contre un évêque catholique
Par ailleurs, l’évêque catholique romain, récemment nommé par le pape
coadjuteur du diocèse de Nairobi, Mgr Ndingi Mwana á Nzeki, a révélé qu’il
avait reçu des menaces de mort en raison de ses critiques à l’encontre du
gouvernement.
S’exprimant dans la cathédrale de Nakuru, il a déclaré ne pas craindre
la mort «car, si je meurs, sept autres Ndingis se lèveront pour me remplacer». (apic/eni/ba)




