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apic/Fribourg/ asile

Fribourg: La permanence juridique (291096)

pour les requérants d’asile fonctiopnne depuis un an

Une activité indispensable

Fribourg, 29octobre (APIC) Plus de la moitié des quelque 2’000 requérants

d’asile ayant séjourné l’an passé dans le canton de Fribourg ont eu recours

aux services de la permanence juridique mise sur pied par la Coordination

droit d’asile, les Juristes démocrates, Caritas Suisse et l’Entraide protestante (EPER).

Les réquérants d’asile, même s’ils sont pris en charge par la Confédération, vivent des situations financières et sociales très précaires, rappelle Bertrand Cottet, chef de service à Caritas Suisse. Avec un pécule de 440

francs par mois, soit 13 francs par jour pour la nourriture, les habits et

l’argent de poche, il ne reste pas grand chose pour se payer les services

d’un avocat. Le réquérant doit en effet faire de nombreuses démarches juridiques et administratives, la plupart du temps dans une langue qu’il ne

connaît pas. Il n’a pas droit à l’assitance d’un avocat d’office. C’est

dire la nécessité de la tâche accomplie par la permanence.

Ouverte il y a un an, la permanence juridique offre chaque semaine une

jour de consultation à Fribourg et un à Bulle. On y accueille toutes les

demandes des requérants d’asile, juridiques bien sûr, mais aussi sociales.

La «clientèle» principale est forméede ressortissants de l’ex-Yougoslavie,

d’Angolais, de Bengladeshi, de Zaïrois et d’Algériens. «Sans la permanence

juridique qui m’a permis d’obtenir le droit d’asile après un recours, je ne

sais pas ce que je serais devenue», témoigne une réfugiée africaine.

Outre l’accueil, la permanence fait aussi du travail collectif, notamment auprès des Angolais et des Bosniaques désireux de rentrer chez eux.

La permanence juridique accomplit enfin un travail de sensibilisation

auprès des instances responsables de l’asile, des partis politiques, des

oeuvres d’entraide, notamment l’an dernier à propos des mesures de

contrainte.

On compte surtout sur les dons

Côté finances, la permanence vit essentiellement de dons. Les comptes

95-96 bouclent avec un solde positif de 8’700 francs sur un budget de

58’000 francs, mais surtout grâce à un don anonyme exceptionnel de 15’000

francs. Pour l’année à venir, la permanence juridique espère engranger

38’300 francs, dont la moitié auprès des paroisses catholiques et réformées. Caritas Suisse participe de son côté pour 8’000 francs couvrant les

frais de location et de matériel. Les requérants eux-mêmes seront appelés à

participer, dans la mesure de leurs moyens, aux frais de dossier, en principe 50 francs par cas. On compte ainsi obtenir 5’000 francs.

La permanence juridique bénéficie aussi d’un sérieux coup de pouce de

l’association «Emploi et solidarité» qui, dans le cadre de programme d’occupation pour chômeurs, fournit régulièrement du personnel pour l’accueil

et le secrétariat. Permettre à des chômeurs d’aider des requérants d’asile

est une expérience très positive, estime Philippe Wandeler, un des initiatieurs du projet.

Initiative UDC

L’initiative de l’UDC dite «contre l’immigration clandestine» inquiète

beaucoup Christian Levrat, actuel responsable de la pernamence. Elle ne vise pas du tout l’immigration clandestine, mais bien les réfugiés et les requérants d’asile, relève-t-il. La permanence juridique vient de lancer un

appel à tous les partis politiques fribourgeois pour former un front commun

contre cette initiative de l’UDC blochérienne. Elle attende les réponses.

(apic/mp)

29 octobre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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