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apic/Haïti/Saint-Domingue/Rencontre des évêques
St-Domingue: Conférences épiscopales d’Haïti et de St-Domingue réunies
Rencontre commune historique: la politique américaine malmenée (221096)
Saint-Domingue/Bruxelles, 22octobre (APIC) Fait sans précédent dans l’histoire de l’Eglise catholique dans l’île de Quisqueya – ancien non de l’île
partagée aujourd’hui entre Haïti et la République Dominicaine -, les Conférences épiscopales des deux pays se sont réunies pendant trois jours en République Dominicaine, rapporte le réseau Kairos à Bruxelles. A noter le
discours «enflammé» du cardinal Lopez Rodriguez contre la présence
nord-américaine en Haïti.
La situation des immigrés haïtiens en République Dominicaine a été au
centre de la réflexion menée avec le concours de la Commission de Pastorale
Haïtienne créée en commun par les deux épiscopats.
Le cardinal Nicolas de Jesus Lopez Rodriguez, archevêque de Saint- Domingue, a profité de la circonstance pour prononcer un discours enflammé
contre la présence nord-américaine en Haïti. Il a demandé au gouvernement
des Etats-Unis de cesser d’humilier le peuple haïtien et à mener à bien sa
mission qui est de désarmer la population civile et à garantir un climat de
paix et de sécurité «qui est loin de régner aujourd’hui».
Il faut rappeler que la hiérarchie catholique haïtienne a toujours été
opposée à l’intervention américaine, qui a ramené au pouvoir le président
Aristide, par opposition à la personne de l’ex-prêtre salésien, qu’ils
n’ont jamais voulu comme président.
La «pastorale haïtienne»
Les épiscopats dominicain et haïtien ont créé le «Centre de coordination
et d’animation de la Pastorale haïtienne» – en République Dominicaine – en
1985. L’objectif, rappellent les évêques des deux pays dans une déclaration
commune, était de «promouvoir de façon plus efficace l’évangélisation, la
promotion humaine et la défense des droits humains fondamentaux de nos frères Haïtiens en République Dominicaine».
Après dix ans de fonctionnement du centre, les évêques ont voulu évaluer
le travail réaliser et réfléchir sur le futur. Mgr Tejada, délégué de
l’épiscopat dominicain, a présenté un rapport sur les activités du centre,
les difficultés, les perspectives. Mgr François Gayot, président de la Commision épiscopale haïtienne compétente, a fait le point sur l’émigration
haïtienne. Une messe d’action de grâce à la basilique de Notre-Dame d’Altagracia a clôturé la session.
Les évêques demandent réparation
Dans leur déclaration commune, les épiscopats dominicain et haïtien font
part publiquement des «graves inquiétudes» qui les habitent. Ils disent regretter «que tant de personnes soient dépourvues de tout document d’identité», alors que c’est dans le monde d’aujourd’hui un «droit fondamental».
Ils lancent un appel aux autorités de leurs deux pays pour qu’ils apportent
une solution à ce problème.
Les évêques rompent une lance en faveur de l’autodétermination de leurs
peuples: «Certains actes d’ingérence et d’intervention présentés comme de
l’aide sont inamissibles, écrivent-ils. Tous les peuples ont droit au respect de leur souveraineté concrète, de leurs identité culturelle, de leurs
traditions, de leurs institutions et des accords conclus. Aider, ce n’est
ni léser ni supplanter. Lorsque l’on supplante, il n’y a plus solidarité,
mais injustice flagrante et irrespect».
Et d’ajouter: «En un temps où l’on proclame si souvent la nécessité de
la solidarité pour résoudre le problème des graves inégalités entre les
peuples, nous voulons déclarer clairement que, au-delà de l’aide matérielle
qui reste indispensable, les peuples ont le droit de posséder en propre les
ressources nécessaires pour pouvoir se diriger eux-mêmes; ils doivent jouir
de la liberté nécessaire pour exercer ce droit».
«En signe de réparation», les évêques demandent «aux nations riches et
puissantes de collaborer au respect des droits fondamentaux en Haïti», notamment en favorisant la création d’emplois et la production alimentaire de
base. (apic/cip/pr)




