Le texte contient 50 lignes (max. 75 signes), 536 mots et 3528 signes.

apic/Justification/ consensus luthériens-catholiques/ cardinal Cassidy

Rome: Dialogue catholique-luthérien sur la «justification» (081096)

Le cardinal Cassidy confirme l’existence d’un consensus

Rome, 8octobre (APIC) Le cardinal Edward Cassidy, président du Conseil

pontifical pour l’Unité des chrétiens, a confirmé dimanche à Radio Vatican

le «consensus» atteint entre catholiques et luthériens sur la «justification» question qui fut «une des plus disputées» au temps de la Réforme protestante, au XVIe siècle. Le cardinal n’a cependant pas évoqué la récente

décision des luthériens de repousser de 1997 à 1998 la déclaration-clé sur

la justification.

La décision prise le 30 septembre à Genève lors d’une réunion du Conseil

de la Fédération luthérienne mondiale (FLM), instante dirigeante de l’organisation, est ressentie comme un coup par ceux qui espéraient que la déclaration commune pourrait coíncider avec l’Assemblée de la FLM en juillet

prochain à Hong-Kong.

Le dialogue avec les luthériens est ouvert depuis 25 ans, a rappelé le

cardinal à Radio Vatican. En particulier dans les pays scandinaves et en

Allemagne. Le résultat de ce dialogue est une possible «Déclaration sur la

justification». «Ce fut l’objet de grandes discussions entre Luther et

l’Eglise catholique, et il a inévitablement provoqué des condamnations de

la part tant du Concile de Trente que des Confessions luthériennes, ajoute

Mgr Cassidy. Après tant d’années de dialogue, nous avons donc une déclaration conjointe sur ce thème. Elle soutient que la foi catholique et la doctrine luthérienne peuvent aboutir sur ce point, autrefois controversé, à un

consensus théologique et non plus une cause de conflit. «Si cette Déclaration était approuvée, cela pourrait avoir un effet positif dans le dialogue

avec les autres Eglises nées de la Réforme», a précisé le cardinal Cassidy.

Une date symbolique manquée

Le repport d’une année de la déclaration commune cause un désappointement certain à ceux qui espéraient cette déclaration pour 1997. Cette année

aurait été une date symbolique car elle marquera d’une part le 50e anniversaire de la Fédération luthérienne mondiale et d’autre part le 450e anniversaire du décret sur la justification du Concile de Trente par lequel

l’Eglise catholique a condamné ce qui était perçu comme la doctrine luthérienne de la justification.

Host Hirschler, vice président de la FLM et évêque président de l’Eglise

évangélique luthérienne unie d’Allemagne, s’est par exemple déclaré «attristé» à l’idée que nous ne pourrons pas approuver la déclaration commune

à Hong-Kong. Nous devons toutefois reconnaître qu’en raison du calendrier,

il ne peut en être autrement si nous ne voulons pas donner aux Eglises

l’impression que nous essayons d’accélérer la procédure en manifestant une

hâte inutile».

La position de Luther sur la justification

Le problème soulevé par Luther au temps de la Réforme peut se résumer

par cette question: qui justifie l’homme? Ses oeuvres ou la miséricorde de

Dieu? Celui qui gagne le paradis (être justifié, c’est pouvoir être reconnu, se tenir en droiture sous le regard de Dieu) ce serait, selon Luther,

la foi seule, la confiance dans la grâce, dans le don de Dieu, à l’exclusion des oeuvres et des «mérites» que nous faisons ou gagnons. Au moment de

la polémique, «les oeuvres» n’étaient bien souvent, aux yeux du réformateur, pas tant l’existence chrétienne mais bien plutôt, selon lui, des pratiques presques magiques d’une piété populaire déviée. (apic/imed/eni/ba)

8 octobre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!