Les 4 et 5 octobre à Bruxelles : un congrès sur «Mort et grand âge» =

Bruxelles, 2 octobre 1996 (CIP)

«Mort et grand âge» est le thème choisi pour le 24e congrès de la Société

de Thanatologie (Paris), qui se tiendra les 4 et 5 octobre au Palais des

Congrès de Bruxelles. Ces deux journées sont organisées conjointement par

le Centre de Formation à l’Ecoute du Malade (CEFEM à Bruxelles) et

l’association «Vivre son deuil» (Paris).

Le congrès veut promouvoir la réflexion sur la mort et le grand âge,

rassembler et partager les connaissances et les expériences en ce domaine.

La Société de Thanatologie, fondée à Paris en 1966, a pour vocation

d’étudier tous les grands problèmes relatifs à la mort en rassemblant les

différentes approches (philosophique, théologique, scientifiques) en vue

d’aider chacun à réintégrer la mort et le deuil dans le tissu social.

La mort a changé

Selon Louis-Vincent Thomas (Paris), spécialiste de la thanatologie, on peut

déceler aujourd’hui en Occident trois «strates» dans la représentation de

la mort. La première atteste une «survivance de la tradition où la mort est

naturelle et nécessaire, familière ou apprivoisée, tandis que les rites

restent importants à tous les niveaux : lors du mourir, au moment des

funérailles, après celles-ci : deuil et fin de deuil, commémoration».

Parallèlement, «la mort, jugée ni naturelle ni nécessaire, se trouve

refoulée, voire déniée». Elle se trouve «marginalisée», «désacralisée». Le

rituel se fait de plus en plus technique comme le montre la montée de la

crémation. Tous les protagonistes (mourants, soignants, famille) tendent à

tenir la mort à distance. Les anciens rites (veillée du mourant ou du

défunt, condoléances, cortèges, deuil social) semblent passés de mode et

sont réduits à leur plus simple expression ou disparaissent. Mais alors,

«ils tombent en panne de symbolique et se professionnalisent» au point que

chacun est désapproprié de l’événement.

Mais depuis une dizaine d’années, poursuit Louis-Vincent Thomas, une

troisième strate vient bouleverser les données du problème : c’est celle de

«la mort retrouvée», jusque dans ses dimensions que l’on croyait perdues ou

que l’on imaginait pouvoir évacuer.

Au programme

Tel est le contexte dans lequel s’inscrit le prochain congrès. Les deux

journées, où interviendront une vingtaine de spécialistes, montreront que

«l’acceptation de la mort, non seulement comme la fin nécessaire de toute

existence, mais comme élément inhérent à la vie, ouvre l’être humain à

l’acceptation de ses limites et des souffrances qui font partie de sa

condition». Réintroduire la mort et le deuil dans les préoccupations

devrait conduire, soulignent aussi les organisateurs, «à revaloriser les

fonctions et les rôles des anciens, en particulier dans la transmission du

passé».

Les organisateurs souhaitent aussi l’accompagnement des personnes âgées

affaiblies, malades, dépendantes ou endeuillées. Ce qui «implique une prise

de conscience nouvelle de l’ensemble de la communauté et exige la mise en

place de mesures adaptées à la dignité du grand âge».

Un millier de participants sont attendus au Palais des Congrès,

essentiellement des professionnels (santé, services sociaux, formateurs,

administratifs, élus, funéraires), mais également des accompagnants, dont

de nombreux bénévoles qui travaillent dans diverses associations.

Trois conférences plénières sont prévues durant les deux matinées : sur la

démographie, l’idée de la mort au cours du vieillissement, le deuil au

grand âge ; puis sur la mort d’un grand vieillard, le suicide au grand âge

et sur le traitement de la douleur dans le cas d’une maladie incurable.

Cinq ateliers, l’après-midi, offriront l’occasion d’aborder des sujets

connexes : la mort d’un proche, l’annonce de la mort, le soutien au

vieillard ou à l’endeuillé, le deuil des soignants, l’acceptation de la

vieillesse et de la mort. Une conférence plénière, le vendredi après-midi

proposera en outre «une histoire d’amour : mourir âgé». Une table-ronde sur

la prise en charge des endeuillés âgés en Belgique clôturera les travaux

(1).

——–(1) Rens. : CEFEM, avenue Pénélope, 52 – 1190 Bruxelles (tél. et fax

00-32-2/345.69.02).

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3 octobre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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