Chine: la répression à l’encontre des Eglises s’accentue =
/Chine/R?pression contre les Eglises/un durcissement/
Bruxelles, 15 novembre 1996 (CIP)
A l’instar de l’Arabie saoudite, la Chine connaît un durcissement de sa
politique religieuse, qui interdit même aux Américains en vacances ou en
séjour de travail de pratiquer leur foi, affirme le service de presse
Eglisi à Bruxelles.
Dans la ville pourtant assez occidentalisée de Shangaï, la police a mis un
terme à des réunions organisées depuis 1995 par deux groupes de prière
internationaux à l’intention de centaines d’étudiants et de travailleurs
étrangers dans les salles de l’hôtel Hilton.
Les réformes économiques en Chine n’ont pas amené la liberté religieuse.
«Tout au contraire, constate Eglisi, le climat d’intolérance ne fait
qúempirer. Par ailleurs, les autorités ont obligé les Eglises à se faire
enregistrer auprès de l’Etat, elles ont en outre arrêté les membres des
Eglises non enregistrées et confisqué leurs biens. Par conséquent, il y a
maintenant plus de prisonniers de conscience en Chine que dans n’importe
quel autre pays du monde.»
La question de l’enregistrement n’est pas qúune formalité bureaucratique.
Elle entraîne des exigences importantes. Ainsi, observe Eglisi, les
services religieux et les études bibliques ne peuvent se tenir que dans des
endroits spécifiques et sous le contrôle de ministres du culte
«professionnels», ce qui permet à l’Etat d’interdire les activités
missionnaires de milliers d’églises non enregistrées, à travers tout le
pays. Quand aux Eglises qui acceptent de se faire enregistrer, il arrive
souvent que les autorités renvoient leurs dirigeants et en désignent
d’autres.
L’Etat a maintenant chargé le Ministère de la Sécurité Sociale, un service
de la police secrète correspondant au K.G.B. de l’époque soviétique, de
faire des recherches sur les chrétiens et sur d’autres minorités
religieuses. Les chrétiens sont en effet considérés comme particulièrement
dangereux. Selon le «Keston College» (Grande- Bretagne), «c’est en partie à
cause de la propagation rapide du christianisme que le gouvernement a
décidé de prendre des mesures aussi sévères contre les églises
«clandestines», catholiques aussi bien que protestantes. C’est le
christianisme, et non le taoisme ou le bouddhisme ou l’islam, qui est
considéré par le gouvernement comme une religion liée à des pouvoirs
étrangers.»
Un autre événement inquiétant a été la nomination à la tête du Bureau pour
les Affaires Religieuses, l’an dernier, du gouvernement chinois de Ye
Xiaowen, qui a précisé que son rôle était de «combattre la religion». La
nomination ce «communiste très dur» laisse augurer, selon «Freedom House»,
une organisation américaine des droits de l’homme, que «une détérioration
de la situation religieuse au moins à court terme». (cip)




