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Genève: Session ACI sur la situation sociale à Genève (141196)

Les conditions de vie et de travail se dégradent: Que faire?

Genève, 14novembre (APIC) Comment être les artisans de lutte contre la

pauvreté et les exclusions? Les 50 militants genevois de l’Action catholique des milieux indépendants (ACI), réunis au collège Saint-Louis, ont réfléchi à la dégradation des conditions de vie et de travail à Genève où

s’instaure depuis quelques années une véritable «société à deux vitesses».

Eric Sottas, directeur de l’Organisation mondiale contre la torture et

président du Centre Lebret, a analysé le phénomène de fracture sociale engendré par la mondialisation. Ce modèle économique unique provoque l’effondrement des systèmes de protection sociale. Le pouvoir de l’Etat décline au

profit de grands groupes économiques. La privatisation tous azimuts et déréglementation sont d’autres conséquences néfastes de ces processus économiques de plus en plus inhumains, qu’il serait possible de ralentir, enchaîne Eric Sottas, par un certain nombre de mesures, dont l’instauration

d’une taxe sur les transactions financières et l’introduction d’éléments de

protection sociale dans les clauses commerciales.

Deuxième intervenant de la journée, Woulters Van Ginneken, responsable

au département «Sécurité sociale» du Bureau international du travail (BIT),

a évoqué les moyens d’action sociale de cette organisation onusienne face à

la pauvreté dont il existe deux évaluations: la pauvretré dite «absolue»

concerne les personnes qui disposent de moins d’un dollar par jour (plus

d’un milliard de terriens sont dans ce cas); la pauvreté «relative» est

plutôt le fait des personnes qui ne vivent pas au niveau acceptable dans

leur société particulière.

Directeur de Caritas-Genève depuis 32 ans, Jean Grob, a brossé de son

côté un tableau concret de la situation sociale genevoise par la recrudescence de ce qu’on appelle «les nouvelles pauvretés». Il s’agit de personnes

qui peinent à s’adapter à la modernité et cumulent les handicaps (perte

d’emploi, de logement, maladie, rupture familiale) ce qui entraîne désarroi

et solitude. Parmi les exclus, on observe non seulement des marginaux, mais

aussi des handicapés, des toxicomanes, des chômeurs en fin de droit ou même

des «sans droit», enfin des malades psychiques, en très nette augmentation

à Genève, ainsi que le révèle une enquête récente des services de santé publique. Ces exclus, encore peu visibles, se rencontrent dans des lieux comme le CARE. Ils sont de plus en plus jeunes, et manifestent souvent une

sorte de «désespérance» qui leur ôte même l’envie de se réintégrer.

Que faire concrètement pour les aider? «Essayer de les rendre plus responsables, leur dire ce qu’ils peuvent obtenir, leur faire connaître leurs

droits», répond Jean Grob. Il s’agit avant tout de rétablir des relations

sociales dignes de ce nom, par le biais de «réseaux de proximité», en créant des contacts de solidarité concrète avec les gens de son voisinage.

Mais il faut tenter de restaurer une sécurité sociale, car la nôtre bat de

l’aile», conclut le directeur de Caritas Genève. (apic/gth/ba)

14 novembre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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